Les banques centrales jouent la carte de l’apaisement

La Banque centrale européenne (BCE) a promis jeudi de maintenir une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire. C’est la première fois que la BCE s’engage ainsi sur la durée, un geste qui a été qualifié de « mini-révolution » par Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg.


Lors de sa conférence de presse mensuelle de politique monétaire, Mario Draghi, président de la BCE, a pris soin d’ajouter que « la sortie [de la période actuelle de taux bas] est très loin ». Il a aussi précisé que la décision d’une telle orientation de la politique monétaire avait été prise à l’unanimité du conseil des gouverneurs, laissant entendre que même les plus ardents défenseurs de l’orthodoxie monétaire, dont la banque centrale allemande, s’y étaient rangés. Pour Carsten Brzeski, d’ING, la présentation d’une orientation de politique monétaire signe une mue de la BCE, qui passe ainsi « d’une banque centrale hésitante et réticente à une banque audacieuse ».


Jeudi, l’institution monétaire a également choisi de laisser son principal taux directeur inchangé à 0,50 %, le plus bas niveau de son histoire. Mais une baisse de taux a été évoquée par certains gouverneurs, a précisé M. Draghi.


Les propos du président de la BCE faisant écho à ceux du nouveau gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney (ex-gouverneur de la Banque du Canada), qui a lui aussi confirmé la poursuite d’une politique monétaire accommodante. « Mark Carney n’aura pas attendu très̀ longtemps pour ajouter sa touche à la conduite de la politique monétaire britannique », ont noté les économistes du Mouvement Desjardins. « Décidément, les indications prospectives deviennent la norme auprès des banquiers centraux », ont-ils ajouté, commentant le geste de la BCE.