Sunwing, numéro 1 pour les destinations soleil

Stephen Hunter, président et chef de l’exploitation de Sunwing
Photo: Vacances Sunwing Stephen Hunter, président et chef de l’exploitation de Sunwing

Sunwing se positionne pour devenir le plus important voyagiste canadien sur le marché des forfaits vacances vers les destinations soleil. Et s’il n’en tenait qu’à son président et chef de l’exploitation, Stephen Hunter, l’offre pourrait se muscler davantage l’hiver prochain, notamment sur le marché québécois. L’entreprise, vieille de 11 ans, de 7 ans au Québec, joue à fond de train la carte d’une intégration verticale bonifiée par une offre hôtelière toujours plus étendue et différenciée.

Stephen Hunter est plutôt discret avec les médias depuis deux ans, le président du Groupe de Voyage Sunwing consacrant une grande partie de son énergie au développement d’une division hôtelière maison, sous la marque Blue Diamond. Au cours d’un entretien avec Le Devoir, il est revenu sur la présence de Sunwing dans le classement des entreprises à plus forte croissance du magazine Profit. Sunwing s’y accroche pour une neuvième année consécutive, et ce, sans compromis sur la rentabilité, le voyagiste affirmant être rentable depuis ses débuts. En 2012, selon les résultats financiers de son partenaire britannique TUI Travel Plc pour l’exercice clos le 30 septembre, il a été permis d’extrapoler la rentabilité de Sunwing pour la situer à près de 70 millions, pour un chiffre d’affaires oscillant autour de 1,4 milliard.


Pour 2013, les résultats semestriels des activités canadiennes de TUI ont été consolidés différemment, ce qui ne permet pas d’estimer la performance de Sunwing. « Les données canadiennes seront visibles dans les résultats de fin d’exercice. Pour l’instant, nos profits sont en hausse de plus de 30 % sur un an, avec quatre mois à compléter à l’exercice 2013 », a soutenu Stephen Hunter.


Capacité accrue en 2013


En 2012, Sunwing a fait voyager plus de 1,4 million de passagers au Canada et près de 500 000 au Québec. Ici, la capacité offerte durant l’hiver 2012-2013 a atteint près de 400 000 sièges, comprenant Ottawa, 500 000 sièges en y greffant la période estivale. Pour l’hiver prochain, s’il n’en tenait qu’au président, la capacité au Québec serait accrue de 15 à 20 %, sous l’effet de l’ajout de deux avions à une flotte gérée du Québec comprenant déjà 11 appareils en haute saison et sous l’action d’une augmentation des fréquences. Si Sunwing arrive au deuxième rang des voyagistes intégrés au Canada selon le chiffre d’affaires, il se dit dominant dans le marché des forfaits vacances vers les destinations soleil. « C’est nous qui proposons l’offre de sièges la plus étendue », a-t-il ajouté. Ses Boeing 737-800 décollent de 33 villes canadiennes vers plus de 50 destinations. Au Québec, Sunwing ne dessert pas moins de cinq aéroports.


Sa part de marché se chiffre à 36 %, dit Stephen Hunter, à 38 % au Canada et à 35 % au Québec, selon des analystes. Dans ce marché, la part de Sunwing est supérieure de quatre ou cinq points de pourcentage sur le plus proche concurrent, affirme-t-il. Cette performance n’est pas que l’affaire « d’une ou deux petites choses. C’est le reflet d’une multitude de facteurs. Mais essentiellement, elle est le résultat de notre façon de voir les choses. D’une culture invitant à faire mieux, jour après jour, qu’il y ait concurrence ou non. Nous visons à faire mieux que la veille, et à dépenser moins qu’hier. Et dans notre intégration verticale, chacune des divisions doit faire de l’argent. Pas question de vider une poche pour en remplir une autre. »

 

Air Canada rouge


L’enthousiasme du président est à peine tempéré par l’arrivée de ce nouveau joueur de taille dans l’industrie du voyage loisirs. Air Canada rouge prend son envol en juillet, la filiale d’Air Canada adoptant la mouture de voyagiste intégré disposant d’un transporteur au rabais. La présence de rouge sera modeste au départ, pour atteindre jusqu’à huit Airbus 319 affrétés sur les routes du Sud l’hiver prochain. « Dire que rouge n’aura pas d’impact, c’est se mentir. Il est certain qu’il y aura un effet, sur Toronto et sur Montréal. N’oublions pas que nous offrons un produit périssable par sa nature. Un siège vide est perdu. Il y aura pression à la baisse sur les prix. En retour, il en résultera de meilleures offres, et le marché s’en trouvera davantage stimulé. Au final, nous allons continuer à croître sur nos marchés », assure Stephen Hunter.


Sur ce terrain, où les voyagistes donnent désormais dans la surenchère en matière d’offre hôtelière exclusive, Sunwing a greffé à son éventail de sites proposés sa nouvelle division hôtelière Blue Diamond, lancée en septembre 2011. Deux ans plus tard, ce nom abrite déjà 5500 chambres réparties entre une dizaine d’hôtels déployés à Cuba, aux Bahamas, en République dominicaine et en Jamaïque. « Nous affichons déjà la plus forte croissance hôtelière des Caraïbes, avec pour cible 10 000 chambres d’ici trois ans. » Stephen Hunter vient d’ailleurs de dénicher un beau coin de paradis sur plage à Riviera Cancún, à une vingtaine de minutes de l’aéroport, avec ouverture promise en 2014.


Stephen Hunter a fait de cette expansion dans l’hôtellerie son bébé. D’abord pour la marge bénéficiaire plus élevée que cette activité génère. Ensuite pour ce contrôle que l’on veut exercer sur chaque composante de la chaîne de production d’un forfait vacances. Enfin pour la différenciation. « Nous pouvons vraiment designer et concevoir un produit hôtelier répondant aux particularités, aux besoins et aux attentes de notre clientèle canadienne. Pourquoi pas poutine comprise ! », lance-t-il. Blue Diamond comprend l’étiquette Grand Lido, que Sunwing veut conserver, et les marques Royalton - qui se veut la nouvelle génération d’hôtels de luxe cinq étoiles tout compris - et Memories, des quatre, quatre et demie à vocation plus familiale. Sur cette lancée, Stephen Hunter est plutôt fier du nouveau Memories, un hôtel de 500 chambres à Punta Cana comprenant un parc aquatique sur le site ouvrant en novembre. « Un premier du genre ! »« Pour réussir, il ne faut pas offrir que des chambres », conclut-il.