Bangladesh: Loblaw contribuera à indemniser les victimes

La ligne de vêtements Joe Fresh, de la compagnie Loblaw.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes La ligne de vêtements Joe Fresh, de la compagnie Loblaw.

Loblaw a ajouté lundi son nom à la liste de détaillants acceptant d’indemniser les victimes et les familles des personnes décédées dans l’effondrement de l’usine au Bangladesh.


Les détaillants canadiens concernés par l’effondrement de l’usine au Bangladesh ont tenu une réunion d’urgence hier, cinq jours après la tragédie. Ils ont discuté d’une opération commune, sous l’égide du Conseil canadien du commerce de détail, visant à déterminer l’action à mener et à décider des gestes à faire afin d’éviter la répétition de tels événements à l’avenir.


Loblaw a été plus loin. Le détaillant ontarien a précisé qu’il allait indemniser les familles des victimes de l’effondrement de l’usine, où il fabriquait sa ligne de vêtement Joe Fresh. L’objectif est d’assurer que les victimes et leur famille recevront l’assistance dont elles ont besoin aujourd’hui et à l’avenir. La porte-parole de Loblaw a souligné que les détails du plan d’aide restent à préciser, mais les modalités de la compensation viseront à offrir le meilleur soutien de la manière la plus appropriée possible.


Peu avant, en Grande-Bretagne, la marque de textile Primark s’était engagée à verser des indemnités aux victimes de l’usine de son fournisseur à Dacca. « Primark va verser des indemnités aux victimes de cette catastrophe qui travaillaient pour son fournisseur », a annoncé la marque dans un communiqué, sans en préciser le montant. « Cela comprendra la fourniture d’une aide à long terme pour les enfants qui ont perdu leurs parents, une aide financière pour les personnes blessées et des paiements aux familles des défunts », a-t-elle détaillé.


« Nous avons établi un partenariat avec une ONG locale pour répondre aux besoins immédiats des victimes, y compris la fourniture d’une aide alimentaire d’urgence aux familles », a également précisé la marque, filiale du groupe agroalimentaire britannique ABF. Loblaw et ABF ont en commun d’avoir la famille Weston comme actionnaire de contrôle. « Primark prend acte du fait que son fournisseur partageait le bâtiment avec ceux d’autres détaillants » et « exhorte les autres marques à se faire connaître et à offrir une assistance. »


D’autres entreprises canadiennes


Primark et la marque espagnole Mango ont confirmé directement leurs relations avec les ateliers du Rana Plaza. Le britannique Bonmarché, l’espagnol Corte Inglès et le canadien Joe Fresh - marque de confection vendue dans les supermarchés Loblaws - ont également reconnu leurs liens. Selon d’autres informations, Walmart Canada, Fairweather et Atlantic Sportswear s’en remettaient également à ces ateliers.


L’Ontarienne Loblaw, qui exploite la marque Provigo au Québec, est l’une des plus exposées parmi les détaillants canadiens. Joe Fresh rapporte environ 1 milliard, soit 3,2 % des ventes annuelles de 31,6 milliards. Au lendemain de l’effondrement de l’immeuble, Loblaw avait exprimé ses doléances aux familles des victimes et les avait assurées de son soutien. Le détaillant a dépêché des représentants sur place afin de travailler à déterminer les causes de la tragédie.


La direction avait souligné, dans un même élan, qu’elle s’assurait que ses produits vendus sont fabriqués selon des normes socialement responsables, mais que sa politique ne renfermait pas de critères touchant les bâtiments. Des changements seront apportés afin de prévenir de tels incidents, a souligné le détaillant. Loblaw tiendra son assemblée générale des actionnaires jeudi.


La catastrophe survenue au Rana Plaza, à Savar, dans la banlieue de Dacca, a fait plus de 380 morts et un millier de blessés graves, en majorité des femmes, selon l’armée. Mais le nombre total des victimes était impossible à établir avant l’enlèvement des décombres, étage après étage. Pas moins de 2500 personnes ont été sorties vivantes de l’amas de béton et d’acier depuis l’accident mercredi matin. Selon la fédération des ouvriers du textile, environ 3000 personnes étaient employées dans les cinq ateliers de confection installés dans l’immeuble.


Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle du Bangladesh, pays pauvre d’Asie du Sud qui a fait de la confection le pivot de son économie.


 

Avec l’Agence France-Presse