Sondage de l’Autorité des marchés financiers - Les Québécois échouent à l’examen sur les connaissances financières

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, et le patron de l’AMF, Mario Albert, avec en arrière-plan, Monique Leroux, du Mouvement Desjardins.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, et le patron de l’AMF, Mario Albert, avec en arrière-plan, Monique Leroux, du Mouvement Desjardins.

Les connaissances des Québécois en matière de placement sont à ce point inégales que la note moyenne récemment obtenue par 1500 personnes lors d’un sondage commandé par l’Autorité des marchés financiers s’arrête à 58,5 %.


L’enquête, réalisée par CROP, doit être officiellement dévoilée plus tard cette semaine, mais des éléments de réponse ont commencé à filtrer hier dans un atelier au colloque organisé annuellement par l’AMF. L’organisme de réglementation entend se servir des résultats pour adapter ses campagnes publicitaires incitant les gens à faire preuve de vigilance et à s’informer.


Les gens de CROP ont défini trois grandes catégories, des sortes de portraits-robots. Il y a d’abord les « ambivalents », qui regroupent 30 % du monde, a dit le vice-président de CROP, Sylvain Gauthier. Âgés de 25 à 54 ans, ils travaillent à temps plein, ont un prêt personnel et consultent principalement leur entourage pour se faire une idée des placements.


Une deuxième tranche, les « avisés » (50 %), est composée typiquement de « non francophones », retraités, âgés de 55 ans et plus, travailleurs autonomes, mariés, propriétaires et détenteurs d’un diplôme universitaire. Le revenu familial brut dépasse 100 000 $. En troisième lieu, il y a les « indifférents » (20 %). Ceux-ci se trouvent beaucoup chez les 18-24 ans, mais aussi chez les 75 ans et plus. « Ils sont locataires, ne consultent pas de sources d’information financière, ont peut-être une carte de crédit ou un prêt », selon M. Gauthier.


Lorsqu’elle avait évoqué la création de cet « indice de littératie financière », au mois de mai 2012, l’AMF avait indiqué que cela lui permettrait d’adapter sa stratégie d’éducation du grand public selon l’évolution des sondages. Le sondage réalisé par CROP contenait 40 questions.


« Pour que l’indice de l’AMF grimpe lors du prochain sondage, c’est à l’ambivalent qu’il faut s’adresser davantage, a souligné Sylvain Gauthier. Il est vulnérable, mais il a du potentiel. L’avisé est déjà acquis, l’indifférent n’est pas prêt à passer de l’autre côté. »

 

Poser un diagnostic des lois


Le colloque a été ponctué d’une allocution du nouveau ministre des Finances, Nicolas Marceau, pour qui il s’agissait d’un premier discours officiel. Abordant plusieurs thèmes, M. Marceau a dit que le gouvernement péquiste avait l’intention de reprendre le terrain perdu en ce qui concerne les « rapports d’application », ces documents qui posent périodiquement une sorte de diagnostic sur les lois adoptées.


« Le gouvernement précédent n’a déposé aucun rapport d’application, alors on a du retard sur toutes les lois », a dit M. Marceau lors d’un point de presse en marge de son discours. « Nous allons rattraper le retard qui a été pris. » Invité par un journaliste à décrire les raisons expliquant ce retard, le ministre a dit qu’il fallait « leur poser la question ».


Par ailleurs, il faut absolument se pencher sur un certain nombre de questions « majeures », comme l’indemnisation des consommateurs, la distribution d’assurance par Internet, la réglementation du secteur de l’épargne collective et la distribution de produits financiers sans intermédiaire. L’AMF a déjà mené des consultations, mais il est « maintenant temps de décider comment adapter le cadre législatif ». Le ministre va bientôt « arrêter des orientations sur ces sujets en collaboration avec l’AMF ». Il n’a pas voulu en dire plus.


Ultime responsable de l’AMF, bien que celle-ci soit autofinancée, M. Marceau a aussi affirmé que son gouvernement n’allait pas « mettre en oeuvre mécaniquement » des réformes visant à combler des carences vécues ailleurs. Par exemple, le seul fait que les États-Unis adoptent telle ou telle nouvelle mesure ne devrait pas inciter les autorités ici à le faire automatiquement, a-t-il dit. En point de presse, le p.-d.g. de l’AMF, Mario Albert, était tout à fait d’accord avec cette affirmation.

6 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 16 octobre 2012 08 h 13

    «Les avisés»

    «Les avisés» donnent leur argent à des «conseillers» qui «placent» leur «pécule» dans des «véhicules de placement».
    Heureusement, je ne fais pas parti de ce groupe. Je n'ai jamais acheté ce dont je n'ai pas besoin. Je vis simplement et je n'ai aucune dette.
    Je fais parti de ce groupe qui n'est pas répertorié par l'étude: les gens heureux.

    • Jérôme Brisson - Inscrit 16 octobre 2012 10 h 08

      Mon cher Dugal, digne émule de Diogène,

      Quand on "place" son "pécule", on "achète" rien et on ne se créé aucune dette; on prête. C'est-à-dire qu'on dédie un montant d'argent à des "conseillers" qui ont pour travail de faire fructifier ce montant en l'investissant dans différents "véhicules de placement" (fonds commun de placement, obligations d'épargne, CGI, etc.), de manière à ce qu'on puisse à la retraite vivre non pas seulement "simplement", mais CONFORTABLEMENT...

      ... Par exemple: pour pouvoir se payer une voiture qui peut garder la vitesse sur l'autoroute avec le reste du trafic routier, sans avoir à "cravacher"...

      Au plaisir,

      Warren Buffett

  • Simon Chamberland - Inscrit 16 octobre 2012 09 h 30

    Éducation économique

    Encore pire, avec la réforme Marois le cours d'économie de 5e secondaire fut supprimé, pour faire place à encore plus d'histoire.

  • Serge Grenier - Inscrit 16 octobre 2012 10 h 21

    Simplicité volontaire

    En ce qui me concerne, il y a l'économie réelle dans laquelle on gagne de l'argent en travaillant et l'économie spéculative où les actionnaires cherchent mille et un subterfuge pour aller chercher l'argent des travailleurs sans eux-mêmes avoir à travailler.

    C'est tout ce qu'il y a à savoir là-dessus.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 16 octobre 2012 14 h 30

      Le financement monsieur Grenier, le financement. Pensez-y ! Il n'y a pas un seul projet qui ne nécessite un financement. Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la paix pour son microcrédit en Inde. L'argent aussi est bien qui se vend sous forme de prêts, d'actions, de débentures.

    • Simon Chamberland - Inscrit 16 octobre 2012 16 h 38

      C'est tout ce que vous désirez savoir là-dessus.

      Si nous désirons en connaître plus et que nos enfants en connaissent, c'est à nous de décider. Mais qu'on ne paye pas pour l'ignorance de ceux qui simplifient tout à l'extrême.