Le marché immobilier d'affaires se raffermit à Montréal

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Le taux d'inoccupation des grandes tours à bureaux de Montréal a diminué si vite depuis un an que les conditions du secteur immobilier sont en train de revenir au niveau qui prévalait avant la crise financière, montrent les nouvelles données de la firme conseil Newmark Knight Frank Devencore.

Les chiffres montrent aussi qu'à la Cité du multimédia, où de moins en moins de locataires profitent des crédits d'impôt instaurés à la fin des années 90, le taux d'inoccupation qui a explosé l'an dernier n'est pas du tout résorbé. Après un sommet de 37 % à la fin 2010, il est maintenant de 26 %.

De manière générale, bien des espaces vides se sont remplis. Dans les immeubles de catégorie «A», décrits comme des édifices prestigieux construits ou rénovés après 1990, à peine 6,1 % de l'espace était inoccupé au deuxième trimestre. À la même période en 2010, le taux se chiffrait à 8 %. Dans la catégorie «B», le taux a suivi la même descente rapide, passant de 8,5 % à 6 %.

En guise de comparaison, le centre-ville de Québec est à 6,3 %, contre 5,5 % à Toronto et 2,9 % à Vancouver.

«Ce que les chiffres traduisent, c'est une activité économique surprenante, dans un sens, a dit lors d'un entretien le chef de la direction de Devencore, Jean Laurin. Ce qu'on entend beaucoup, ce sont des mauvaises nouvelles concernant les marchés financiers américains et européens, mais ici, on tire relativement bien notre épingle du jeu.»

«Si le marché continue de se resserrer, nous nous attendons à ce que les locataires commencent à examiner les occasions de location que présentent certains projets de construction d'immeubles à bureaux en cours ou sur le point d'être entamés. De plus, certains locataires pourraient également envisager d'autres options, dans des immeubles existants à l'extérieur du coeur du centre-ville», a écrit la firme.

Selon Jean Laurin, le milieu des affaires est sans cesse préoccupé par le climat économique, mais la baisse des taux d'inoccupation tend à suggérer qu'ils continuent malgré tout de prévoir des projets d'investissement. Le raffermissement du marché a fait en sorte que les promoteurs ont mis leurs projets en branle. Par exemple, a mentionné Devencore, Cadillac Fairview est à la recherche de grands locataires pour un projet près du Centre Bell.

Loyers en hausse

Logiquement, la baisse de disponibilité dans les immeubles de catégorie «A» a fait en sorte que les loyers ont augmenté. Alors que le coût brut du pied carré était de 38,42 $ au deuxième trimestre de 2010, il est maintenant de 40,35 $. Dans certains cas, ils pourraient augmenter à nouveau, car de nombreux immeubles ont tenté de retenir leurs locataires en 2009 et 2010 par divers incitatifs, a dit Devencore.

Il faudra suivre de près le cas de la Cité du multimédia, ce complexe du Vieux-Montréal qui appartient à la société torontoise Allied Properties. Pour attirer et encourager le secteur florissant qu'était celui des nouvelles technologies dans les années 90, le gouvernement de l'époque avait mis sur pied des crédits d'impôt pour les sociétés qui décidaient de s'y établir. En 2003, le Parti libéral a annoncé la fin de cette aide et offert des mesures transitoires qui se termineront en 2013.

Les locataires de la Cité du commerce électronique, située au centre-ville, qui ont déjà profité des mêmes crédits, sont également touchés par des mesures transitoires.