La Nissan Quest 2011 : ils ont finalement compris

La nouvelle ligne de la Quest innove et rassure à la fois: c’est une fourgonnette qui s’assume comme telle, mais qui se distingue par une élégance que ne possèdent pas ses rivales. <br />
Photo: source Nissan La nouvelle ligne de la Quest innove et rassure à la fois: c’est une fourgonnette qui s’assume comme telle, mais qui se distingue par une élégance que ne possèdent pas ses rivales.

2011 semble être l'année de la fourgonnette: après la Toyota Sienna et la Honda Odyssey qui ont été entièrement renouvelées au cours des derniers mois, sans parler de la Dodge Grand-Caravan (et sa jumelle la Chrysler Town & Country) qui a subi une refonte majeure, c'est maintenant au le tour de la Nissan Quest de faire peau neuve. En moins d'un an, pratiquement tous les protagonistes de ce segment auront rajeuni de façon importante.

Voilà un dynamisme qui contraste passablement avec les annonces voulant que cette catégorie soit moribonde puisque les parts de marché des fourgonnettes ont fondu de plus de moitié en cinq ans. En réalité, plusieurs constructeurs ont décidé de sacrifier leurs fourgonnettes pour suivre la mode des pseudo-utilitaires que l'on nomme aussi «multisegments». Et puisqu'ils se présentent sous une forme légèrement différente, bien qu'ils offrent le même type d'habitabilité et de prestations, ces véhicules ne sont plus comptabilisés dans la catégorie des fourgonnettes. Ainsi, la Ford Freestar a disparu au profit des Ford Flex et Edge, La Chevrolet Uplander a fait place au Traverse, alors que la Dodge Caravan (à empattement court) fait désormais carrière sous le nom de Journey.

Revenir plus fort

Mais revenons à cette nouvelle Nissan Quest, qui réapparaît après un hiatus d'un an; une grosse année sabbatique qui semble avoir été profitable puisque cette nouvelle génération est à la fois mieux conçue et plus pertinente sur le marché que l'ancienne Quest. En effet, l'itération précédente de ce véhicule avait maladroitement tenté de se trouver une clientèle en se singularisant par des caractéristiques qui en faisaient un produit bizarre, atypique, mais pas forcément intéressant.

Avec sa silhouette d'hippopotame balourd, son comportement routier et son rayon de braquage digne d'un porte-avions, ainsi que son tableau de bord qui aurait été plus à sa place dans un musée d'art moderne que là, s'il n'avait été fabriqué de plastiques indignes d'un ensemble de vaisselle de camping, disons que la Quest n'avait pas que des admirateurs et qu'elle ratait la cible de plusieurs kilomètres. Dans sa nouvelle incarnation, la fourgonnette de Nissan corrige le tir avec un habitacle bien fini et une maniabilité qui est la bienvenue, tant sur de petites routes de campagne que dans des stationnements exigus.

Avec un prix de base avoisinant les 30 000 $, la Quest 2011 ne va pas perturber les ventes du Grand-Caravan qui caracole en tête de ce segment depuis... toujours! D'ailleurs, chez Nissan, on balaie du revers de la main les aspirations de ces prolétaires qui ne sont pas disposés à dépenser plus d'une vingtaine de milliers de dollars pour une fourgonnette. Qu'on se le dise: la Quest est un produit qui s'adresse à une clientèle à la recherche de raffinement et de luxe, et les tarifs pratiqués sont à l'avenant. En se positionnant ainsi, la Quest s'attaque aux aristocrates de la catégorie que sont l'Odyssey et la Sienna, tout en abandonnant la part du lion aux produits Chrysler.

Un style dynamique

La nouvelle ligne de la Quest innove et rassure à la fois: c'est une fourgonnette qui s'assume comme telle, mais qui se distingue par une élégance que ne possèdent pas ses rivales. Il y a bien sûr cette calandre équivoque qui lui donne l'air d'un petit porcelet belliqueux, mais, pour le reste, c'est assez réussi. Par quelques tensions et quelques réflexions bien calculées, les designers ont donné à la carrosserie des lignes qui unifient bien le volume général, donnant à la fourgonnette un profil fluide. Moins hostile que celui d'une Sienna et plus harmonieux et dynamique que celui d'une Odyssey, le style de la Quest risque de mieux vieillir.

L'élément marquant de cette composition reste les montants du pavillon qui sont masqués afin de donner l'impression que ce dernier est suspendu en porte-à-faux à partir de l'avant. Cela affine visuellement le véhicule en faisant paraître plus effilée la partie vitrée qui se termine en pointe de flèche. Et ce, malgré la contrainte de portières coulissantes taillées particulièrement large afin de faciliter l'accès aux places de la troisième rangée de sièges.

Simplicité mécanique

Nissan n'a pas voulu jouer la complexité au niveau de la mécanique, car un seul groupe motopropulseur est offert. Pas de 4-cylindres, pas de traction intégrale, juste le merveilleux V6 de 3,5 litres que Nissan installe dans pratiquement tous ses produits, sous une forme ou une autre. Ce moteur brillant, à la sonorité toujours agréable, est ici jumelé à une boîte à variation continue (CVT) qui s'acquitte admirablement bien de sa tâche tout en générant des économies de carburant significatives. Dans un véhicule aussi lourd, cet ensemble paraît être, dans certaines situations, un peu à la limite de ses capacités, mais demeure un des points forts de ce véhicule.

Pour démontrer les qualités routières de sa nouvelle Quest, Nissan a eu l'audace de convier les journalistes à un essai routier sur des petits chemins sinueux et vallonnés de la région du mont Tremblant. Des chemins qui, à ce temps-ci de l'année, étaient fortement dégradés, voire totalement défoncés. Une fourgonnette ne sera jamais une voiture de sport, mais il est clair que la Quest est une machine nettement plus agile et maniable qu'elle ne le fut jadis. Ainsi transfigurée, la Quest propose désormais un agrément de conduite qui fait jeu égal avec celui de l'Odyssey et de la version SE de la Sienna.

Luxe et fonctionnalité

Pour habiller l'habitacle, les matériaux de finition semblent avoir été pris chez Infiniti, la division luxe de Nissan, ce qui est une très bonne chose. Cossu et chaleureux, l'intérieur des versions SL et LE vise le confort avant tout. Il est seulement regrettable que ces versions les mieux équipées soient à ce point hors de prix pour les jeunes familles qui sauraient en apprécier la commodité. La disposition de la planche de bord est simple et agréable à voir, malgré de petites fautes d'ergonomie, notamment ce levier de vitesse qui occulte les contrôles de sonorisation et de ventilation lorsqu'il est en position «D». Par ailleurs, il y a ces consoles centrales (à l'avant et entre les sièges médians) qui sont décevantes par rapport aux efforts que fait la concurrence pour transformer ces accessoires en rangement multifonctionnel. Ici, on n'a droit qu'aux «services essentiels». N'essayez pas d'y dissimuler un sac à main ou un ordinateur portable...

Pour le modèle 2011, Nissan est resté fidèle aux sièges inamovibles. Les deux rangées de sièges arrière se rabattent au sol afin de constituer un plancher de chargement plat. Pas question, donc, d'enlever les sièges ni de les escamoter sous le plancher, comme on le fait chez Chrysler. Par contre, la facilité et la rapidité avec lesquelles on transforme l'espace arrière, de compartiment passager à plateau de chargement, sont très impressionnantes. Et puisque les sièges de la troisième rangée sont rabattus vers l'avant, le grand bac de chargement très profond, à l'arrière, demeure libre en toutes situations.

Avec cette refonte, la Nissan Quest est redevenue une option crédible dans son segment. Ses caractéristiques et son prix la poussent à affronter ses rivales de chez Honda et Toyota, un défi qu'elle peut désormais relever sans rougir. Autrefois un produit décalé en mal d'auditoire, cette fourgonnette est maintenant complètement dans le coup, et parfaitement alignée sur les besoins des acheteurs qui sont prêts à mettre le prix pour ce type de véhicule.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 4 avril 2011 08 h 42

    MSRP

    Gageons que le rejeton de la «soccer mom» qui a un Quest LE (48 498$) a des souliers avec des crampons en argent ...