Cri d'alarme de la CNUCED - Le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans

Le nombre d’individus vivant dans l’extrême pauvreté, comme cette fillette indienne, a augmenté de 3 millions par an entre 2002 et 2007.<br />
Photo: Agence Reuters Pawan Kumar Le nombre d’individus vivant dans l’extrême pauvreté, comme cette fillette indienne, a augmenté de 3 millions par an entre 2002 et 2007.

Genève — Le nombre de pays très pauvres sur la planète a doublé ces quarante dernières années de même que le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté depuis les années 1980, s'est inquiétée hier l'ONU.

Dans son Rapport 2010 sur les 49 pays les moins avancés (PMA) du monde, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) estime que le modèle de développement qui a prévalu jusqu'à présent pour ces pays a échoué et que son architecture est à revoir. «Les modèles traditionnels appliqués aux PMA [une croissance portée par le commerce] semblent n'avoir pas très bien fonctionnés», a expliqué le secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, lors d'un point de presse.

De fait, «au cours de ces 30-40 dernières années, le nombre de PMA a doublé [passant de 25 en 1971 à 49 aujourd'hui] ce qui montre bien que la situation s'est détériorée» pour les pays les plus fragiles, a-t-il relevé. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a de même doublé depuis les années 80.»

Le rapport indique de plus que la situation s'est aggravée ces dernières années. Le nombre d'individus vivant dans l'extrême pauvreté a ainsi «augmenté de 3 millions par an entre 2002 à 2007», qui ont été pourtant des années de forte croissance économique (avec des moyennes de 7 %), pour atteindre 421 millions d'individus en 2007. Au total, 53 % de la population des PMA vivaient dans l'extrême pauvreté au seuil de la débâcle économique mondiale.

Si les PMA ont montré une bonne résistance durant la crise, ils restent néanmoins très fragiles, notamment en raison de leur forte dépendance aux importations, en particulier alimentaires. «La dépendance aux importations est devenue dévastatrice», a déploré le secrétaire général de la Cnuced. Il a fait valoir que les dépenses pour les importations de produits alimentaires de ces pays étaient passées de 9 milliards de dollars en 2002 à 23 milliards en 2008. «C'est très alarmant», a-t-il insisté.

De plus, les économies de ces pays restent «peu diversifiées» avec une très faible amélioration de l'épargne intérieure, une plus grande dépendance économique à l'égard de l'épargne extérieure et une accélération de l'épuisement des ressources naturelles, explique encore la Cnuced. «Tous ces éléments assombrissent aujourd'hui les perspectives de développement des PMA», prévient-elle.

Pour contrer un mode de croissance «non durable» et «non équitable», la CNUCED appelle à une nouvelle architecture internationale du développement qui impliquerait plus ces pays dans la gouvernance mondiale, tout en leur assurant une plus grande assistance financière. L'engagement des pays donateurs à débloquer 0,7 % de leur PIB pour l'aide publique au développement n'est toujours pas atteint, a relevé M. Supachai déplorant un manque à gagner de 23 milliards de dollars par an.

Enfin, ces pays auront besoin d'une aide pour faire face au réchauffement climatique, dont ils sont les premières victimes alors qu'ils n'émettent que 1 % des gaz à effet de serre, responsables de ces changements. Déjà «les phénomènes météorologiques extrêmes dans les PMA ont été multiplié par 5 entre 2000 et 2010 par rapport à 1970-1979», insiste la CNYUCED
8 commentaires
  • jacques gelineau - Inscrit 26 novembre 2010 06 h 33

    le nouvel ordre mondial est commencé

    En effet, je crois que les pays dans l'extrême pauvreté don la liste s'allonge, sont qu'un avant goût de ce qui nous attend tous. Nous n'avons pas su respecter la capacité nourricière de cette planète et nous vivrons tous des heures sombres. Le seul fait que nous n'en sommes pas encore là est dû aux écosystèmes productifs ou nous vivons mais des signes avant coureurs pointent à l'horizon. Les pêcheries s'amenuisent, la biodiversité s'érode de façon accélérée, même au Québec. la crise financière qui n'en fini plus au étays-unies comme en Europe qui est une image claire des ressources qui disparaissent a vitesse grand V. Et le pire, le manque d'intérêt pour la nature et la trop grande place que l'on fait pour la consommation de produit sans réel utilité pour la vie aveuglé par des messages d'une industrie qui réussi a nous faire oublier sur quelle planète l'on vie.
    Prochaine élection si nous tenons à la vie, nous devrions tous voter vert.

  • Marie-Francine Bienvenue - Abonné 26 novembre 2010 08 h 54

    pour changer ça

    Quand la population va-t-elle voter pour la justice sociale?

    J'ai apprécié l'analyse de M. Gélineau sauf la conclusion: le seul parti qui travaille pour la mise en place de solutions justes et efficaces est Québec Solidaire. Regardez le travail gigantesque et respecté d'Amir Khadir...un seul député, une petite équipe et les réponses aux problèmes courants fusent. Les solutions sont là, à nous de voter du bon bord.

  • isisgagnongrenier - Inscrite 26 novembre 2010 08 h 54

    À cet effet...

    Voir l'excellent film Addendum qui traite notamment des raison de ce phénomène et de certaines choses qu'on pourrait faire pour inverser la tendance.

    Le film complet est présent ici:

    http://www.youtube.com/watch?v=EewGMBOB4Gg

  • Sylvain Auclair - Abonné 26 novembre 2010 08 h 56

    Mais comme le nombre total de pays...

    ... a lui aussi fortement augmenté... que doit-on conclure?

  • Gerard44 - Inscrit 26 novembre 2010 10 h 39

    Crimes contre l'Humanité

    C'est y assez clair ce que produit cette priorité insignifiante que nos gouvernements donnent à un type d'économie - capitaliste - qui n'enrichit que quelques-uins. Slogan creu à la Charest et co: priorité à l'économie. Et on avale ça comme des caves. Les dégâts de cette économie sont immenses et planétaires. On le sait depuis longtemps. Les affairistes sacrifient des populations entières - sacrifices humains - sur l'autel du profit. Il faut dénoncer ces pratiques et proposer des alternatives.

    Des programmes politiques comme ceux de Québec Solidaire et du NPD sont des chemins vers plus de justice sociale, de démocratie, du maintien des services publics et de respect des droits humains. Aller vers la droite c'est favoriser davantage le privé au détriment du bien commun, c'est réduire le rôle de l'État qui doit être assez fort pour veiller au bien commun et contrôler les abuseurs du système qui sont légion. Réveillons-nous et alertons nos voisins citoyens.

    Gérard Laverdure, Montréal.