L'alliance Renault-Nissan-Daimler prend forme

Le projet d’alliance a été approuvé hier matin lors d’un conseil d’administration extraordinaire qui s’est réuni au siège de Renault à Boulogne-Billancourt.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le projet d’alliance a été approuvé hier matin lors d’un conseil d’administration extraordinaire qui s’est réuni au siège de Renault à Boulogne-Billancourt.

Paris — Renault, Nissan et Daimler annonceront leur projet d'alliance à trois ce matin à Bruxelles, a déclaré le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.

L'alliance Renault-Nissan et Daimler ont publié en fin de journée un communiqué commun annonçant la tenue d'une conférence de presse à Bruxelles en présence de Carlos Ghosn, p.-d.g. de Renault-Nissan, et de Dieter Zetsche, président du directoire de Daimler, sans préciser l'ordre du jour.

Un rapprochement à trois pourrait se traduire par un échange symbolique de participations croisées et par la création d'une première plate-forme commune dans les petites voitures permettant d'importantes synergies dans les coûts de développement et des gains d'échelle substantiels.

Le projet, dont les modalités seront dévoilées aujourd'hui, a été approuvé hier matin lors d'un conseil d'administration extraordinaire qui s'est réuni au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, a-t-on appris de sources proches du constructeur au losange.

«Nous avons validé le rapprochement entre Renault-Nissan et Daimler pour nous permettre d'avoir une alliance plus importante», a déclaré de son côté Christian Estrosi lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. «Nous savons que la compétition demain dans l'automobile au plan mondial fera que seules les grandes alliances pourront permettre à l'industrie automobile du futur de relever les grands défis.»

La mise en commun de technologies et de projets est devenue un thème majeur de l'industrie automobile, ébranlée par la crise de 2008-2009 et engagée dans une chasse aux émissions nécessitant de lourds investissements.

Le quotidien japonais Nikkei rapportait hier que les trois groupes prendront des participations croisées de 3 % environ pour sceller leur partenariat, qui passera d'abord par le développement d'une nouvelle plate-forme commune dans les petites voitures. Selon Les Échos, cette plate-forme baptisée «Edison» servira de base aux futures Smart de Daimler, et côté Renault, à la prochaine Twingo et au mini-véhicule électrique inspiré du concept Twizzy. Nissan pourrait profiter de son côté de l'expertise de Mercedes dans les grosses cylindrées.

Renault, Nissan Europe et Daimler, la maison mère de Mercedes, ont refusé de commenter ces informations.

«Toute cette histoire souligne la difficulté que nous rencontrons en Europe, commente Arndt Ellinghorst, analyste automobile chez Crédit suisse. L'industrie n'est pas consolidée, elle est extrêmement complexe et exposée à la réglementation la plus stricte du monde en termes d'émissions. C'est le moteur de la consolidation, de la course aux gains d'échelle.»

Les deux représentants de l'État ont voté en faveur du projet, mais Christian Estrosi a assuré que le principal actionnaire de Renault, avec 15,01 % du capital, resterait vigilant sur les conséquences du rapprochement. «D'ores et déjà, je peux vous garantir qu'aux termes de ce partenariat, l'État français restera le premier actionnaire de Renault [...] ainsi nous accompagnerons cette nouvelle stratégie industrielle», a poursuivi le ministre devant les députés.

Il a ajouté, cette fois lors d'un point presse à Bercy, qu'il veillerait à ce que les retombées sur l'emploi en France soient positives.