Le produit intérieur brut canadien subit un recul

Le secteur de la construction a affiché un déclin de 0,4 % au mois de mai.
Photo: Agence Reuters Le secteur de la construction a affiché un déclin de 0,4 % au mois de mai.

Ottawa — L'activité économique canadienne continue d'évoluer en dents de scie, le produit intérieur brut (PIB) réel ayant retraité de 0,1 % au mois de mai.

Le recul, bien que faible, n'était pas attendu et fait suite à une progression de 0,4 % en avril. Les économistes tablaient plutôt sur une hausse de 0,2 % au mois de mai.

Il s'agit du quatrième recul mensuel en six mois, ce qui accorde à la production économique canadienne une mince croissance de 0,6 % pour les 12 derniers mois, une progression bien inférieure à la moyenne de 3 % de la dernière décennie, a noté l'économiste Douglas Porter, de BMO Marchés de capitaux.

«C'est un peu une surprise», a commenté M. Porter. «Ces données sont une déception évidente, particulièrement parce que toutes les indications préliminaires pour ce mois laissaient entrevoir une croissance modeste. Le recul du secteur minier semble temporaire, mais la plupart des faiblesses des autres secteurs met en évidence le fait que l'économie canadienne nage à contre-courant.»

La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, l'indice S&P/TSX ayant perdu 90,30 points, à 13 592,91.

L'indice Nasdaq Canada a gagné 25,36 points, à 1177,06, après que 33,62 millions d'actions eurent changé de mains.

Secteur énergétique

L'activité d'extraction minière et d'extraction de pétrole et de gaz naturel a glissé de 1,2 %. Dans ce secteur, l'extraction de charbon a notamment cédé 2,8 %.

La production du secteur énergétique a reculé de 0,9 % en mai. L'extraction de gaz naturel a fléchi, tandis que celle de pétrole brut a connu une croissance modérée.

Statistique Canada a attribué la faiblesse de la production de pétrole et de gaz naturel depuis la mi-2007 aux importantes réserves de gaz naturel — ce qui a réduit la production — et aux difficultés de production qui ont touché l'extraction de pétrole à plusieurs reprises.

La plupart des composantes touchant la production de biens ont retraité en mai, à l'exception d'une légère hausse de 0,1 % dans la fabrication. Le secteur des véhicules automobiles a poursuivi sa pente descendante, chutant de 3,6 %.

Le secteur de la construction a affiché un déclin de 0,4 %, celui des services publics 1,3 % et celui de l'agriculture, 0,9 %.

Le secteur des services est resté essentiellement stable, une légère hausse de 0,1 % du commerce de détail ayant été renversée par une baisse de 0,3 % du commerce de gros.

Malgré la performance à la baisse affichée pour le mois de mai, M. Porter croit que le PIB du deuxième trimestre devrait toujours être conforme aux prévisions de la Banque du Canada, qui s'attend à un croissance de 0,8 % pour cette période.

L'économiste de la Banque Scotia Derek Holt souligne pour sa part que les faibles résultats soulèvent la possibilité que la Banque du Canada soit forcée de réduire son taux d'intérêt directeur malgré la menace de l'inflation.

«Bien que les résultats soient surprenants en regard des données publiées plus tôt en juillet, ils appuient notre opinion voulant que l'activité économique au Canada s'annonce très stagnante pendant la seconde moitié de l'année», a indiqué

M. Holt.

«Même si nous nous croyons toujours que la Banque du Canada attende jusqu'au premier trimestre de 2009 pour réduire les taux, ces données soulèvent la possibilité que cette décision surviennent plus rapidement que nous le prévoyons.»