Colin Hunter: passion accomplie

jHomme d’affaires et crooner, Colin Hunter s’amuse.
Photo: Jacques Grenier jHomme d’affaires et crooner, Colin Hunter s’amuse.

L'homme d'affaires a deux passions: l'entreprise familiale qu'il a fondée, Vacances Sunwing, et le jazz. Colin Hunter voulait connaître le succès sur les deux niveaux. Il déclare mission accomplie. Bien installée au Québec, Sunwing se classe désormais parmi les entreprises à plus forte croissance au Canada. Pour l'autre passion, et avec déjà deux CD produits, le crooner et «chairman of the board» sera en spectacle ce soir, sur les planches de l'Espace Dell'Arte, accompagné du big band du GEMU. On affiche complet pour ce cinquième spectacle, ce troisième à Montréal.

Colin Hunter s'amuse. L'entreprise fondée en Ontario en 2002 devrait atteindre la barre des 700 millions en chiffre d'affaires cette année, des revenus multipliés par 2,5 sur un an, par 50 depuis les 14 millions comptabilisés à l'an 1. Pour leur part, les profits seront multipliés par dix cette année, sur une base d'une pleine année. Dans l'intervalle, le voyagiste s'est doté d'une composante aérienne, qui a exécuté son vol inaugural en novembre 2005, pour ensuite percer le marché québécois, en juillet 2006, cette offensive québécoise étant pilotée par Sam Char, directeur exécutif. L'offre québécoise comprenait 171 000 sièges dont 132 000 sièges l'hiver dernier, contre 70 000 lors de la première saison hivernale. Avec ses revenus anticipés de l'ordre de 200 millions, Colin Hunter qualifie l'expérience québécois de succès surpassant toutes les attentes.

«Nous obtenons un excellent soutien venant des agences de voyage et la réaction des voyageurs est très bonne. Le bouche à oreille demeure notre principal véhicule promotionnel», a souligné Colin Hunter. Sam Char ajoute à l'équation un contrôle serré des dépenses et la petite taille de l'entreprise, réduisant la distance entre le centre de décision et la base opérationnelle, ce qui se traduit par une flexibilité accrue et une prise de décision rapide. «Ça sort directement de la poche de Colin Hunter. La réaction est immédiate», dit-il, sourire aux lèvres.

Entreprise familiale

Sunwing est une entreprise familiale détenue à 100 % par son fondateur. Malgré plusieurs manifestations d'intérêt reçues au fil des dernières années, elle demeurera privée. Le voyagiste grossit à son rythme, en fonction de la demande et des besoins exprimés, ouvrant une à une les nouvelles dessertes vers le sud et ajoutant graduellement à son portefeuille de produits, dont l'offensive «Voyagez maintenant, payez plus tard» ou encore, cette année, des croisières tout compris et de nouvelles routes, vers Las Vegas et la Floride.

On s'en tient à la formule qui fait la distinction de Sunwing depuis les débuts, à savoir un service de qualité à bord des appareils, une distribution dédiée aux agences de voyages, une flexibilité des temps de séjour et, au Québec, une desserte audacieuse, à partir désormais de quatre villes. Val d'Or s'ajoute cette année à Québec, Bagotville et Montréal pour offrir des départs vers les destinations soleil. «Plus de 100 nouveaux emplois seront créés au Québec», s'est réjoui Colin Hunter, ces emplois devant s'ajouter aux 200 qu'abritent les activités québécoises.

La division québécoise sera dotée cette année de cinq appareils incluant celui basé à Ottawa, soit le tiers des 15 appareils que doit composer la flotte de Sunwing. Des B737-800 configurés à 189 sièges, nouvelle génération, moins énergivores. L'efficacité de ces appareils en matière de consommation permettant à Sunwing d'absorber la hausse du coût du carburant, la qualité du service offert aux passagers ne sera pas abaissée, a martelé Colin Hunter. «Grâce à cette efficacité, nous continuons à dégager un profit sur le prix offert», a-t-il ajouté.

Patience

Petit pas par petit pas, donc, en se concentrant sur ce que l'on sait faire de mieux. Colin Hunter fait preuve de la même patience en ce qui concerne une éventuelle desserte européenne. «Nous irons en Europe lorsque nous aurons mieux à offrir et de meilleurs équipements que nos concurrents. Mais à l'heure actuelle, avec les retards dans le développement des appareils A-350 d'Airbus et Dreamliner, de Boeing, le temps d'attente demeure long.»

On le voit, Colin Hunter n'est pas du type nerveux. Après tout, l'homme d'affaires roule sa bosse dans l'industrie du voyage depuis plus de 40 ans maintenant. Il a été cofondateur de Canada 3000, une entreprise aérienne à forte croissance qui a dû abdiquer après les événements du 11-Septembre. Il a également été cofondateur du tour opérateur Canadian International Travel Holdings, qui abritait notamment Adventure Tours, Fiesta Holidays et Sol Vac. Il en a vu d'autres.

En fait, la nervosité devrait le rattraper à 18h ce soir, deux heures avant son entrée en scène à l'Espace Dell'Arte. Le spectacle fait salle comble, avec plus de 280 billets vendus. Le «crooner» et les artistes invités Kim Richardson et Sara Johnston sont accompagnés par le big band du Grand Ensemble de musiques urbaines (GEMU).

Colin Hunter interprétera des succès tels Quando, Quando, New York, New York, I've got you under my skin, My way. Une vingtaine de pièces populaires empruntées au répertoire des années 1950 et qui composent Come fly with me et Timeless, les deux CD produits par l'homme d'affaires. Des CD que l'on peut entendre à bord des appareils de Sunwing et sur les ondes de Couleur Jazz. Colin Hunter en est à sa cinquième prestation devant public, ce soir, à sa deuxième présence sur les planches de l'Espace Dell'Arte depuis octobre. Tout cela pour se faire plaisir, sans autre prétention.

Lorsqu'on dit passion accomplie!