Quelle carrière choisir ? La santé d'abord.

Dans le domaine de la santé, les dentistes et même les hygiénistes dentaires seront des professions très en demande.
Photo: Jacques Nadeau Dans le domaine de la santé, les dentistes et même les hygiénistes dentaires seront des professions très en demande.

Quelles sont les perspectives d'emploi pour les jeunes Québécois qui se préparent à entreprendre des études supérieures, soit au cégep ou à l'université? Quel métier ou profession choisir? Il y a bien sûr le talent naturel et les affinités personnelles qui entrent en jeu, mais il faut aussi tenir compte du marché du travail. Qu'en est-il de ce dernier?

Heureusement, la situation de l'emploi serait plutôt favorable. Selon l'étude réalisée par Richard Legris, économiste à Emploi-Québec, on estime qu'il faudra combler quelque 700 000 emplois d'ici 2010. «D'une part, la croissance économique sera responsable de la création d'environ 250 000 emplois, explique-t-il, et d'autre part, il faudra remplacer ceux occupés par les personnes qui quitteront définitivement le marché du travail, que l'on estime environ à 450 000.»

Si le vieillissement de la population est le grand responsable de cette situation, il agit de plusieurs manières. Il y a évidemment les emplois à remplacer à la suite des retraites, mais il y a aussi ceux à créer pour répondre aux nouvelles demandes d'une population plus vieille, notamment en matière de soins de santé. De plus, le vieillissement de la population rime aussi avec une diminution de la population active, d'où la possibilité de pénurie de main-d'oeuvre dans certains secteurs d'activité. «Les secteurs qui offriront les meilleures perspectives sont ceux dont la demande sera élevée et dont l'offre, c'est-à-dire le bassin de gens formés pour répondre à cette demande, sera faible.»

La santé en premier

Selon l'étude réalisée par Richard Legris, le secteur de la santé est celui où les perspectives d'emploi seront les plus élevées. Le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques ainsi que l'information, la culture et les loisirs offriront aussi de belles avenues. Par contre, le secteur des métiers, du transport et de la machinerie, celui de la gestion, le secteur primaire et celui de la transformation, de la fabrication et des services d'utilité publique connaîtront une progression de l'emploi inférieure à la moyenne. Les autres secteurs, comme l'administration, l'enseignement, les sciences sociales, se situeront dans la moyenne.

Une nuance s'impose toutefois. «Ce n'est pas parce qu'un secteur offre de moins bonnes perspectives qu'il sera impossible d'y trouver un emploi. Mais il faudra peut-être chercher davantage.» Ensuite, il ne faut pas en déduire qu'un secteur moins favorable l'est pour l'ensemble des métiers et professions qu'il recouvre. «Par exemple, dans le secteur de la fabrication, tout ce qui touche au transport offre d'excellentes perspectives. Dans le secteur primaire, si l'ingénieur forestier n'a plus la cote, ce n'est pas le cas de l'ingénieur minier, pour qui la demande augmente.»

De plus, cette étude classe les métiers et les professions selon le degré de perspective d'emploi que chacun offre. Ce classement est le suivant: très favorable, favorable, acceptable, restreint et très restreint. Dans la très grande majorité des secteurs, ce sont les classements favorable et acceptable qui reviennent le plus souvent. Le secteur de la santé se distingue nettement car c'est ici qu'on trouve le plus souvent le classement très favorable. Non seulement les médecins et les infirmières sont en demande, mais aussi les dentistes, les optométristes et même les hygiénistes dentaires. Bref, tout le secteur de la santé offre d'excellentes perspectives d'emploi.

Cégep ou université ?

Où aller se former? Doit-on compléter un diplôme universitaire ou peut-on s'en tenir à une formation collégiale? «Le secteur de compétence professionnelle, qui en général exige un parcours universitaire, connaîtra le taux le plus élevé de croissance de l'emploi, soit de 2,2 % annuellement.» Par contre, c'est le secteur de compétence technique qui créera le plus grand nombre d'emplois, étant responsable, avec le secteur intermédiaire (études secondaires partielles plus formation en emploi) de près des deux tiers des emplois à combler. «Dans le secteur technique, ceux qui détiendront une formation collégiale connaîtront une meilleure croissance de l'emploi que ceux qui reçoivent une formation professionnelle au secondaire.»

Université ou cégep donc? «C'est impossible d'y répondre. Les deux voies offrent chacune de bonnes perspectives d'emploi. C'est un choix qui revient à l'individu et qu'il doit fonder sur ses goûts personnels.» Par contre, Richard Legris tient à souligner qu'une étude dont il vient de prendre connaissance indique que les diplômés universitaires ont connu une croissance de l'emploi annuelle de 4,4 %, soit le double du secteur professionnel. «Cela indique que certains diplômés universitaires travaillent dans un autre secteur que celui pour lequel ils ont reçu une formation.» Par exemple, un comptable devenu gestionnaire. Il peut aussi s'agir d'une formation universitaire ne débouchant pas obligatoirement sur une profession ou un métier, comme un baccalauréat en littérature. «Ce qui est clair, par contre, c'est qu'une formation universitaire facilite l'intégration au marché du travail.»

Les professions réglementées

Il existe au Québec 51 professions réglementées régies par 45 ordres professionnels. Quelles sont les perspectives d'emploi de ce côté? Selon Jean-François Thuot, directeur général du Conseil interprofessionnel du Québec, elles sont excellentes. La raison tient en un mot: pénurie. «Notre dernière étude sur le sujet nous a démontré que nous sommes présentement en situation de pénurie dans 34 professions. Cette pénurie s'explique en grande partie par le fait qu'il y a moins de jeunes et que le renouvellement des professions se fait plus lentement.»

Les professions liées au domaine de la santé figurent, ici aussi, au premier rang. «Mais d'autres professions connaissent une pénurie. C'est le cas notamment des orthophonistes et des psychoéducateurs, par exemple.» Les perspectives sont donc excellentes et le secteur des professions connaît un faible taux de chômage. Mais avant de choisir une profession, un conseil s'impose. «Il est préférable de s'informer auprès des ordres professionnels avant de s'engager dans une formation. Il faut s'assurer que cette formation sera reconnue par l'ordre responsable.»

En conclusion, même si les perspectives d'emploi, professionnelles ou techniques sont excellentes pour les jeunes Québécois, choisir une profession ou un métier n'est pas toujours facile et bien se renseigner aide à faire ce choix. Emploi-Québec, dans son site Internet, offre une foule de renseignements à ce sujet, dont un moteur de recherche qui permet de connaître la situation présente d'un métier ou d'une profession. Non seulement y apprend-on le degré de perspective d'emploi, mais aussi d'autres renseignements, comme la formation exigée et les établissements où elle se donne. Avis aux intéressés.

Collaborateur du Devoir

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