«Victor et le cadeau des songes»: vivre le rêve en quatre dimensions

Le célèbre théâtre de marionnettes surdimensionnées présente un nouveau spectacle.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le célèbre théâtre de marionnettes surdimensionnées présente un nouveau spectacle.

Trois ans après Le grand bric-à-brac, le Théâtre de la Dame de Coeur (TDC) — célèbre théâtre de marionnettes surdimensionnées — est de retour avec un nouveau spectacle, un voyage initiatique au pays des rêves. Gigantisme, étonnement, excentricité… l’équipe de création, qui compte une cinquantaine de personnes, repousse les limites afin de surprendre les habitués et de charmer les nouveaux venus avec Victor et le cadeau des songes.

C’est inspirée par Pensouillard le hamster de Serge Marquis, ce petit rongeur qui roule à une vitesse folle dans chacune de nos têtes, faisant entendre sa voix, suscitant cogitation et inquiétudes, que l’équipe de scénarisation du TDC a imaginé Victor, un jeune garçon en période de questionnements. Embêté par ce hamster poilu, le personnage devra se dépatouiller avec lui, heureusement guidé par une sage grand-mère, sorte de mentor qui l’aidera à évoluer.

C’est en pleine pandémie que l’équipe s’est attelée à la tâche avec cette volonté, cette obsession, dira au bout du fil Richard Blackburn, directeur artistique et général du TDC, de créer un univers qui pourra se développer en quatre dimensions. « Pour Victor et le cadeau des songes, on a mis 50 jours à six créateurs pour développerle scène à scène, les enjeux, l’allégorie ».

Puis, après une simulation en maquette, la création de dialogues, confiée encore cette année à Marylin Perreault, et quatre versions du spectacle, une lecture publique a permis de tester leur matériel. « Ce long processus de création, il est incontournable parce qu’il faut que le spectacle trouve son accueil avec son public. Ce n’est pas Le Petit Prince ou Le roi lion, c’est une création et il y a un risque, on le sait en théâtre. Il faut s’assurer que ce sera comestible pour le grand public. Comme vous le savez, nous, on s’adresse aux petits et aux grands, à la famille. Alors, comment faire passer une bonne soirée à la fois aux jeunes et aux adultes ? Ça reste notre grande priorité. »

À travers les songes,on a une proposition qui, même si elle est allégorique, est parlante

L’idée d’emprunter l’angle du rêve a par ailleurs permis à l’équipe de « s’éclater sur le plan scénographique », nous confie Richard Blackburn. « Dans les songes, les lois narratives sont libres, sans contraintes, ça nous permettait de créer une allégorie vraiment insolite. C’est fichtrement insolite ! »

L’âme du TDC

Si la surdimension et les prouesses techniques sont des éléments clés du célèbre théâtre situé à Upton, en Montérégie, l’équipe se donne la mission de toujours évoluer, de se renouveler et d’offrir de la qualité à son public.

Cette année, le gigantisme sera encore bien sûr du spectacle, mais le renouvellement des moyens techniques — son, éclairage et multimédia — tout comme la rénovation de la plateforme sur laquelle les gens assistent à la représentation ajouteront au sens.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Richard Blackburn, directeur artistique et général du Théâtre de la Dame de Cœur

« Le public ne s’en rendra pas compte, le plancher est là, les bancs pivotants aussi, mais c’est en dessous que ça se passe. On a la chance d’avoir un sous-sol maintenant, alors qu’avant on était sur la terre battue. Ça améliore beaucoup de choses. » Ainsi, pour la première fois dans l’histoire du TDC, le spectacle prendra vie aussi depuis le sol.

« Évidemment, comme d’habitude, il y a de l’action autour, au-dessus, parmi le public, et là, même en dessous… C’est très concret. Ce sont de bons défis pour nous. Et c’est la première fois qu’on pourra le tester concrètement », explique avec enthousiasme le directeur du théâtre.

Préoccupés par le besoin de renouveler les propositions tout en conservant l’âme du TDC, Richard Blackburn et son équipe s’assurent, au moment de la création, de toujours en arriver à un consensus. Bien que les idées puissent venir de tous les horizons, il y a un terrain de jeu sur lequel tout le monde s’entend et où l’équipe puise sa plus grande inspiration, en l’occurrence le conte initiatique. « On pige là-dedans de manière assez libre, mais c’est notre fond de terrain. Il y a un assez bon niveau de complicité pour se faire évoluer et se “challenger”, mutuellement », dit le directeur.

À cette démarche communale s’ajoute le souci d’offrir de la profondeur aux spectateurs. « Le divertissement, c’est une réalité, mais être signifiant, avoir quelque chose à proposer au public comme vibration métaphorique, ça reste notre grande préoccupation.

À travers les songes, on a une proposition qui, même si elle est allégorique, est parlante. Les gens vont dire : “Oh là là. OK ! Ils se sont envoyés en l’air, mais ils ont des choses à dire ! » conclut avec entrain le grand manitou.


Victor et le cadeau des songes

Dialogues : Marylin Perreault.Une production du Théâtrede la Dame de Coeur. Présentéetous les soirs de l’été du mercrediau dimanche à compter du 1er juillet.

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