Ce qu’il reste de nous

La formule, à cheval entre la lecture et le spectacle, évoque les soirées festives du Festival du Jamais Lu.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La formule, à cheval entre la lecture et le spectacle, évoque les soirées festives du Festival du Jamais Lu.

Le Théâtre du Trillium nous arrive d’Ottawa avec un cabaret poétique et musical qui, l’air de rien, c’est-à-dire sous des dehors joyeux, légers, aborde des questions essentielles, pour ne pas dire existentielles, comme la naissance et la mort, le legs et la filiation. Mis en scène par Anne-Marie White, Love Is In the Birds est le fruit d’un savant collage, l’heureuse juxtaposition des textes de treize auteurs, jeunes et moins jeunes, tous issus de la francophonie, essentiellement canadienne.

La formule, à cheval entre la lecture et le spectacle, n’est pas sans évoquer les soirées festives du Festival du Jamais Lu, comme S’appartenir(e) ou La fête sauvage. Derrière un lutrin, trois comédiennes (Marjolaine Beauchamp, Céline Delbecq et Maxine Turcotte) et deux comédiens (Nicolas Desfossés et Gabriel Robichaud), parmi lesquels trois auteurs, partagent la scène avec un musicien-chanteur-bruiteur pas banal (Stef Paquette).

Les mots sont généralement prononcés en direction du spectateur. Il y a des solos et des choeurs. Des confessions et des déclarations. De la douceur et de la colère. De l’anecdotique et du grandiose. Du banal et du poétique. Les mots ne sont pas seulement dits, ils sont aussi chantés, et même dansés, mais toujours offerts, livrés, précieusement transmis. Tous les interprètes sont à leur place, mais il faut avouer que Gabriel Robichaud possède un supplément d’âme, une présence singulière, une intensité, une vibration, un engagement qui est pour beaucoup dans l’élan de la soirée.

La colonne vertébrale du spectacle, c’est un arbre, plus précisément celui de L’arbre est dans ses feuilles, la chanson popularisée par Zachary Richard. De la cime aux racines, en passant par la branche, le noeud, le trou, le nid, l’oeuf, l’oiseau, le coeur et, bien entendu, l’amour, la représentation offre des points de vue bien contemporains sur des questions éternelles. D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

On pense à nos parents et à nos enfants, à nos frères et nos soeurs, à notre appartenance à une famille, mais aussi à un pays, à une communauté, à une langue et à une culture. Des sujets auxquels, vous en conviendrez, il fait bon s’attarder, et pas seulement en temps de crise.

Love Is In the Birds

Textes : Marjolaine Beauchamp, Annie Cloutier, Sonia Cotten, Céline Delbecq, Julie Gilbert, Georgette Leblanc, Louis Patrick Leroux, Lisa L’Heureux, Robert Marinier, Michel Ouellette, Gabriel Robichaud, Mylène Roy et Anne-Marie White. Mise en scène : Anne-Marie White. Une production du Théâtre du Trillium, en collaboration avec les productions Hôtel-Motel. À la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 27 février.