Zoofest - La parentalité comme objet de dérision

Jonathan Roberge et Jérémie Larouche s’amusent avec Clément, fils de la productrice de leur spectacle Les papas.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jonathan Roberge et Jérémie Larouche s’amusent avec Clément, fils de la productrice de leur spectacle Les papas.

Avec sa gueule d’adolescent, quand le comédien Jérémie Larouche, père de deux filles, Daphné, neuf ans, et Noémi, cinq ans, parle de paternité, personne ne veut le croire. Et tout ça finit par devenir très drôle.

« On m’a déjà traité de fabulateur lors d’un spectacle, dit-il avec dans les bras le jeune Clément, le fils de sa productrice. Quand ça arrive, je dois descendre dans la salle avec des photos de mes enfants pour prouver ce que je dis et tout ça finit par devenir très drôle. »


Rire de sa condition de père, y compris quand on peine à le faire admettre, Jérémie connaît ça. Et c’est d’ailleurs ce qu’il se prépare à faire sur la scène du théâtre Sainte-Catherine dès ce soir, avec ses collègues Jonathan Roberge et Martin Félip dans le cadre du festival multifacettes Zoofest qui prend son envol officiellement aujourd’hui.


Avec Les papas - c’est le titre de leur spectacle -, les trois jeunes artistes ont décidé de mettre en effet leur paternité sur la table pour en faire un objet de dérision, mais aussi un objet de revendication, admet Jonathan, que Le Devoir a rencontré cette semaine lors d’une répétition dans un troquet de la métropole. « Ce spectacle part du constat qu’en humour, il est souvent question de maternité, mais pas de la paternité, dit-il. Pire, quand il est question du père, il est souvent dépeint comme un cave, un macho ou un idiot. Jamais comme un personnage amusant et agréable. Or, être père, c’est aussi très drôle, et c’est ce que nous voulions montrer. »


Trois vrais pères - cinq enfants le confirment -, trois visions de la paternité comme moteur de cette proposition comique, Les papas propose en une heure un voyage dans l’absurde, dans les doutes, dans le ridicule, dans l’angoisse parfois induite par cette condition disséquée par une génération Y qui semble très bien l’assumer. « Aujourd’hui, le père est plus présent dans la famille, dit Jérémie, et le Québec y est globalement plus ouvert. Avec ce spectacle, on veut un peu lutter contre les préjugés qui restent, mais aussi faire preuve d’éducation, sans se prendre au sérieux. »

 

Rire avec ses enfants


Pas de doute, l’enfance, avec son prérequis, et la parentalité semblent porteuses d’humour cette année. L’artiste Émilie Ouellette compte d’ailleurs en faire la démonstration avec son spectacle Accoucher de rire qui prend l’affiche dès le 12 juillet à… 13 h 30 dans la TantAcool du festival. L’heure a été volontairement choisie pour permettre aux parents d’y assister pendant la sieste de leur nourrisson, âgé de zéro à un an seulement. « C’est conseillé, mais on ne carte pas les bébés à l’entrée », assure-t-elle en rigolant.


Accoucher de rire, c’est un spectacle que la jeune artiste a créé de toutes pièces après l’avoir « vendu » au téléphone à un organisme communautaire alors qu’il n’existait même pas. « J’ai senti un intérêt pour ça, dit-elle. Et j’avais alors des anecdotes en quantité suffisante autour de l’allaitement, de la grossesse, de l’accouchement », thèmes centraux de cette création qu’elle rêve par la suite de promener un peu partout dans la province. « Il y a près de 90 000 naissances chaque année au Québec, dit-elle. Ça fait des spectateurs potentiels. » Et surtout des spectateurs qui, entre deux nuits sans sommeil, pourraient effectivement chercher une bonne raison d’en rire.

À voir en vidéo