La sélection musicale de Fredz à Osheaga

Après le Festival d’été de Québec, Fredz, qui vient d’avoir 20 ans, est pour la première fois à l’affiche d’Osheaga.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Après le Festival d’été de Québec, Fredz, qui vient d’avoir 20 ans, est pour la première fois à l’affiche d’Osheaga.

Le premier emploi d’été de Fredz fut celui de mascotte dans un centre pour enfants. Cet été, « c’est la première fois que je donne des concerts. Je le vois un peu comme ça : un job d’été plus le fun que la moyenne ! » Le jeune rappeur, qui vient d’avoir 20 ans et qui a terminé sa première année d’études universitaires, se produisait il y a deux semaines au Festival d’été de Québec.

Le voilà déjà pour la première fois à l’affiche d’Osheaga : « Je suis fan du festival. C’est un honneur de pouvoir y être sur scène », a-t-il déclaré au Devoir, qui lui a aussi demandé de choisir dans le vaste buffet musical du week-end cinq autres concerts à ne pas manquer.

« Oui, on peut parler d’un conte de fées », concède Fredz. Découvert par le producteur (et rappeur) K. Maro sur les réseaux sociaux, l’auteur-compositeur-interprète rap-pop, originaire de la Rive-Sud montréalaise, a lancé en mars dernier l’album Astronaute.

« Au moment de sortir l’album, je n’avais donné que trois concerts dans ma vie ! Depuis, j’ai pris énormément d’expérience. Je me sens plus à l’aise, mes prestations sont meilleures. Et c’est bien de pouvoir rencontrer son public : pendant la pandémie, avec mes chansons sur le Web, je ne savais pas à qui je m’adressais. Ça fait du bien aujourd’hui de voir des visages. »

Durant son adolescence pas si lointaine, Fredz s’est gavé de rap et du travail des Youtubeurs français — Kemar et Hugo tout Seul, entre autres. « Je ne dirais pas que j’ai baigné tant que ça dans la culture française, mais j’ai consommé beaucoup de produits culturels de la France et de la Belgique, dit-il. Ce n’est pas pour ça que je chante et rappe comme je le fais, mais aujourd’hui, je suis content d’avoir pris l’habitude de chanter avec un accent plus compréhensible pour les gens qui viennent d’ailleurs. »

Le musicien a effectivement cette manière « normative » de chanter qui lui a permis de joindre un vaste public en Europe, où il s’est d’ailleurs rendu il y a quelques semaines pour « rencontrer [son] équipe, avec qui [il] travaille depuis presque deux ans, [mais qu’il n’avait] jamais vue en personne ».

« Comment m’est venue l’envie d’écrire des chansons ? Je suis quelqu’un qui parle beaucoup dans la vie, confie Fredz. J’avais donc ce désir de m’exprimer, mais différemment. J’ai commencé la musique à 15 ou 16 ans parce que je voulais faire quelque chose de différent de ma vie, quelque chose d’autre que d’aller à l’école. J’ai acheté une guitare, ce fut une révélation. »

Avez-vous enfin appris à jouer plus que trois accords, comme le titre d’une des chansons d’Astronaute ? « Aujourd’hui, j’en connais au moins sept ! J’en joue parfois en concert, quand je me sens courageux… »

Le choix du rappeur

 

The Kid LAROI

« Le Kid LAROI est une grosse inspiration pour moi. Une de mes premières références, dans les chansons que je fais et dans mes instrumentaux, souvent très inspirés par ce qu’il propose, des beats avec de la guitare et du ukulélé. Ses mélodies assurent beaucoup, et en concert, ça a l’air super cool. Il a vraiment l’air d’assurer ! »

Vendredi, 17 h 55, scène de la Montagne

Skiifall

 

« Un très talentueux jeune artiste de Montréal. J’ai l’impression que sa carrière va exploser dans pas longtemps. C’est cool d’avoir la chance de voir en concert un artiste avec autant de potentiel juste avant que ça débloque à l’international. Je ne considère pas Skiifall comme un artiste pop ; il y a un côté plus rap dans sa musique, ça vient avec le son “U.K. drill” [qu’il amalgame à ses influences dancehall et reggae]. Il n’est pas pop, mais ça n’a pas nécessairement à voir avec ses textes, qui ne sont pas violents ; c’est juste dans le flow, dans l’attitude et l’image qu’il projette dans ses vidéoclips. »

Samedi, 16 h 45, scène des Arbres

Zach Zoya

 

« Déjà, il faut aller le voir parce qu’il est Québécois et qu’il n’y a pas énormément de Québécois sur l’affiche d’Osheaga. Ensuite, parce qu’il est très talentueux et qu’il ne va pas tarder à exploser sur la scène, ici et à l’international. Il a aussi un bel univers : sa musique est accessible, il chante super bien, sur de grosses productions, à mon avis. Son dernier album [No Love Is Ever Wasted, paru en juin], c’est 10 sur 10. On se connaît un peu tous les deux, pour avoir échangé sur les réseaux sociaux. On devrait se croiser bientôt lors d’un concert. »

Dimanche, 15 h 20, scène Verte

Laylow

 

« Laylow vient d’être ajouté à la programmation, en remplacement [du rappeur belgo-congolais] Damso. Je viens tout juste de l’apprendre, mais je me suis tout de suite dit qu’il ne fallait pas rater ça. Laylow est un artiste rap français qui donnera à Osheaga son premier concert en Amérique du Nord. C’est incroyable, ce qu’il fait — il a un univers à mon avis supérieur à plusieurs autres artistes internationaux qui font aussi du rap. Sa direction artistique est parfaite, très cohérente du début à la fin, très futuriste — on l’écoute et on a l’impression qu’il vient d’une autre planète. Il est à fond dans son personnage, jusque dans son plus récent album, L’étrange histoire de Mr. Anderson », paru en juillet 2021.

Dimanche, 18 h 15, scène Verte

Dua Lipa

 

« Bon, c’est une tête d’affiche, mais je suis un grand, grand fan de Dua Lipa, je ne pouvais pas faire autrement que la mettre sur ma liste. Elle n’est pas pour moi une inspiration musicale, plutôt quelqu’un qui fait, selon moi, de très bonnes chansons. C’est pop, mais, comment dire… Elle donne ce que les gens veulent, et pour ça, j’adore. Sa musique est faite avec classe, et je suis sûr qu’en concert, ça doit être fou ! Je suis allé voir Angèle récemment [aux Francofolies de] La Rochelle, et j’ai l’impression qu’elle s’est inspirée beaucoup de Dua Lipa pour son concert, avec la douzaine de danseurs, les effets spéciaux et la pyrotechnie. »

Dimanche, 21 h 20, scène de la Rivière

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