Le FME émerge à Lachine

Marilyne Lacombe (à gauche) et Jenny Thibault organisent une édition spéciale du FME à Montréal ce week-end.
Adil Boukind Le Devoir Marilyne Lacombe (à gauche) et Jenny Thibault organisent une édition spéciale du FME à Montréal ce week-end.

En matière de rassemblements musicaux extérieurs, les Montréalais n’ont pas été gâtés depuis le début de l’été. Les Piknics Électroniks ont au moins repris du service sur l’île Sainte-Hélène, le Festival international Nuits d’Afrique avait une belle programmation en salle à offrir, mais quid des grandes scènes à la belle étoile ?

Il aura fallu que la région s’en charge : à compter de 17 h vendredi et jusqu’à dimanche, l’organisation du désormais incontournable Festival de musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue (FME) invitera gratuitement 500 mélomanes par soir au nouveau parc riverain de Lachine lors d’un week-end en forme d’amuse-gueule au festival officiel qui reviendra à Rouyn-Noranda du 2 au 5 septembre prochain.

Elle-même originaire de l’Abitibi-Témiscamingue, Jenny Thibault, cofondatrice et vice-présidente du FME — désignée pour succéder à Monique Savoie à la tête de la Société des arts technologiques (SAT) —, cache mal sa fierté d’importer la marque du festival rouyn-norandais dans la grande métropole.

L’ambiance du festival

Modeste (mais sourire en coin !), elle explique que son organisation a été approchée par la Ville de Montréal pour réaliser ce projet « parce que des gens de l’administration connaissaient bien le FME et qu’ils avaient envie d’importer l’ambiance du festival dans ce nouveau parc, qui est magnifique. Ils souhaitent que la communauté montréalaise s’approprie ce parc riverain » qui remplacera à terme (en 2025) la marina de Lachine et dont le changement de vocation suscite encore un débat.

Jenny Thibault et son équipe ont sauté sur l’occasion de relever le défi d’inaugurer, symboliquement, ces lieux déjà occupés par les installations de la « bronzette » aménagée par Îlot 84 (Aire commune).

« On possède l’expertise de produire des événements en temps de pandémie et d’organiser des événements ponctuels. » C’est ce qu’ils ont fait ces dernières années à l’île d’Orléans et aux îles de Boucherville.

« On forme aussi une équipe de production assez agile, capable de produire des événements qui marquent l’imaginaire à peu de coûts et capable de se revirer sur un dix cennes. Je crois que c’est aussi pour ça qu’on nous a contactés. »

On possède l’expertise de produire des événements en temps de pandémie et d’organiser des événements ponctuels

 

Nouveaux projets

L’affiche d’une vingtaine d’artistes concoctée par la programmatrice, Marilyne Lacombe, et son équipe est calquée sur celle de la prochaine édition du FME « officiel » qui fera battre le cœur de Rouyn-Noranda dans trois semaines.

Beaucoup de nouveaux projets, dont ceux de Calamine, Janette King, Vanille, Meggie Lennon et Maky Lavender, à côté d’artistes expérimentés comme No Joy, Julien Sagot, Crabe et Maude Audet.

Pour l’édition lachinoise du FME, « on a misé sur la dimension « émergence » de notre programmation, dit Marilyne Lacombe.

Nos découvertes, nos coups de cœur, une affiche qui porte la signature de notre festival, mais sans certaines têtes d’affiche » qu’on attrapera plutôt à Rouyn-Noranda, comme Laurence-Anne, Backxwash, White-B, Souldia, Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier et Voivod.

« L’autre différence, c’est qu’à la prochaine édition du FME à Rouyn, on focalisera sur la scène musicale torontoise », avec notamment les concerts, attendus, de Lido Pimienta et de U.S. Girls. « À Lachine, on met plutôt en avant une programmation québécoise. »

De plus, souligne Marilyne Lacombe, « plus de 30 % des gens qui viennent à Rouyn pour le FME proviennent de Montréal et de ses environs. Puisqu’[en raison des contraintes sanitaires] ce sera plus difficile pour eux de venir nous voir, c’était une bonne idée d’amener le festival à Montréal. »

La programmatrice estime qu’environ 6000 festivaliers pourront prendre part au festival abitibien, en raison de la capacité limitée des salles.

Quant à l’affiche, « en ce qui concerne la quantité de spectacles, après l’édition 2020 qui fut très réduite, là, on est presque revenus à une grille normale ».

Le grand site extérieur de la 7 Rue, près du Petit Théâtre, ne pourra encore être aménagé, mais celle du lac Osisko a été complètement repensée et est prête à accueillir 500 spectateurs par événement.

En ce qui concerne la quantité de spectacles, après l’édition 2020 qui fut très réduite, là, on est presque revenus à une grille normale

 

Deux autres sites extérieurs, pouvant recevoir 350 spectateurs, ont aussi été imaginés au cœur de Rouyn.

« Dans les salles, la distanciation a été réduite de deux à un mètre, donc ça nous permet d’accueillir un peu plus de personnes. On espère ainsi pouvoir faire oublier aux gens qu’on est encore soumis à des restrictions. » 

OK LÀ

Toujours dans l’ouest de Montréal, très précisément dans le stationnement à étages Ethel, une structure en partie laissée à l’abandon bénéficiant aujourd’hui d’investissements pour la transformer en place publique, se tiendra vendredi et samedi une série d’événements « à géométrie variable consacrée à la diffusion de musique expérimentale et de cinéma performatif ». La folie créatrice du festival OK LÀ, qui en est à sa cinquième édition, sera d’abord incarnée par la musicienne folk Anna Arrobas, le duo Last Ex, une collaboration entre la cinéaste Michaela Grill et la compositrice Sophie Trudeau. Samedi, au tour de Hraïr Hratchian (spécialiste du hautbois arménien, qu’on appelle doudouk), de la compositrice et chanteuse expérimentale d’origine égyptienne Nadah El Shazly et du Quatuor Bozzini de nous amener en voyage sonore. Info : okla.quebec



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