Les organismes publics appelés à diffuser exclusivement de la musique d'ici

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, en conférence de presse le 10 juin à l'annonce de l'initative qui servira à promouvoir la culture québécoise, Espace Bleu.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Culture, Nathalie Roy, en conférence de presse le 10 juin à l'annonce de l'initative qui servira à promouvoir la culture québécoise, Espace Bleu.

Québec demande aux ministères et aux sociétés d’État de diffuser exclusivement de la musique d’ici dans ses établissements et ses lignes téléphoniques. « Notre gouvernement a décidé de créer de nouvelles pratiques qui vont favoriser la diffusion », a affirmé en conférence de presse dimanche matin la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Il s’agit pour l’instant « d’inciter » et « d’encourager » les organismes publics à diffuser la musique québécoise, sans qu’il soit question de nouveau règlement ou d’encadrement contraignant. La ministre Roy dit avoir déposé un mémoire au Conseil des ministres quant aux pratiques exemplaires en la matière, un mémoire « extrêmement bien reçu ».

Ces changements se feront « graduellement », ajoute-t-elle, car les organes publics sont généralement sous contrat avec des fournisseurs de listes de chansons. « Ceux qui peuvent immédiatement changer leurs contrats le feront, mais les contrats doivent être respectés », a précisé Mme Roy. Les organismes liés à son ministère auraient déjà instauré cette pratique, dont plusieurs musées, le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), et d’autres. La Société des alcools du Québec (SAQ) le ferait aussi depuis plusieurs mois, selon la ministre.

J’ai été renversée d’entendre un chanteur américain me chanter une petite chanson en anglais

 

Cette réflexion a débuté pour Nathalie Roy alors qu’elle était elle-même en attente au téléphone au ministère de la Culture : « J’ai été renversée d’entendre un chanteur américain me chanter une petite chanson en anglais », relate-t-elle. Son gouvernement veut donc « d’abord donner l’exemple ».

Des retombées

La directrice générale de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), Solange Drouin, croit que cette initiative aurait des retombées « dans les poches des artistes ». Il est difficile à ce stade-ci de chiffrer ces retombées potentielles, disent les deux femmes, mais les tarifs versés sont fixés par la Commission du droit d’auteur du Canada.

Ces dernières années, les artistes québécois ont notamment souffert de la grande popularité des plateformes d’écoute en ligne. Mme Drouin a sonné l’alarme à répétition quant aux très faibles redevances et à la juste rémunération des artisans de la culture.

Une enveloppe de 1,115 million de dollars a également été annoncée à la même occasion pour la relance économique de l’ADISQ. Pour cette campagne baptisée Écoute mon album, l’association produira 80 capsules vidéo présentant des artistes québécois.

« L’objectif du projet est de faire découvrir au grand public plusieurs dizaines d’albums québécois qui sont sortis pendant la pandémie et qui s’apprêtent à prendre vie sur scène », a précisé Mme Drouin.

Ces capsules seront diffusées dès l’hiver 2022 sur le Web et à la télévision, grâce à la collaboration de plusieurs télédiffuseurs. Mme Drouin a assuré que la majorité de la somme octroyée retournera aux artistes, auteurs-compositeurs et musiciens. « On ne réglera pas la question en deux programmes, mais c’est un pas dans la bonne direction », a-t-elle affirmé. 

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