Stéphan Elmas, Orchestre symphonique de Tasmanie, Hyperion

En matière de compositeurs oubliés, la grande redécouverte de 2020 fut Walter Kaufmann (Chandos). L’année 2021 sera-t-elle celle de Stéphan Elmas (1862-1937) ? Enfant prodige né à Smyrne (Izmir) dans une famille arménienne, Stéphan Elmas fut envoyé chez Liszt qui lui conseilla d’étudier à Vienne, où furent composés ces concertos en 1882 et 1887. La vie d’Elmas est aussi tragique que celle d’un autre outsider, Sergueï Bortkiewicz (1877-1952). Il perd l’ouïe en 1897, tombe en profonde dépression après le génocide arménien de 1915. S’ensuit l’incendie de Smyrne, dont sa famille se sort miraculeusement. Elmas a fini ses jours en Suisse aux côtés d’une peintre, Aimée Rapin, née sans bras. Musicalement, si Bortkiewicz est un clone de Rachmaninov, Elmas est une réincarnation romantique tardive de Chopin. L’hommage est pour le moins appuyé, mais la veine mélodique admirable et l’inspiration soutenue dans des structures similaires à celles du modèle (35 à 40 minutes par concerto). Disque fort plaisant, superbement interprété par Howard Shelley.

 

Stéphan Elmas

★★★★
​Classique

Howard Shelley, Orchestre symphonique de Tasmanie, Hyperion, CDA 68319