Jonathan Leshnoff, Orchestre de Kansas City, Michael Stern

De Jonathan Leshnoff, compositeur américain né en 1973, Manfred Honeck avait enregistré le superbe Double concerto pour clarinette et basson en complément de la 4e Symphonie de Tchaïkovski. La réussite n’était pas fortuite. Ce CD précieux, parfaitement capté, joué avec engagement et passion, confirme l’impact de ce créateur dans le Concerto pour piano (2019), dédié à Joyce Yang, et la 3e Symphonie (2015), à finale vocal, inspirée par la Première Guerre mondiale. Comme Airat Ichmouratov, ici, mais dans une veine plus américaine, moins colorée par le folklorisme, plus noire et intellectualisée, Jonathan Leshnoff croit en la pérennité et en la légitimité d’une musique consonante. Il sera accusé de passéisme, mais comment ne pas reconnaître la redoutable efficacité de son inspiration ? La 3e Symphonie (35 minutes) se veut un « vaisseau de sentiments contrastés : de l’agitation et angoisse à l’amour et acceptation du destin ». Totalement maître de ses effets, habile à créer l’émotion, Leshnoff est peut-être notre Peteris Vasks nord-américain.

 

Leshnoff

★★★★ 1/2
​Classique

Orchestre de Kansas City, Michael Stern, Reference Recordings FR 739SACD