Test grandeur nature pour autoriser les concerts

Le chanteur pop Tim Bendzko  a accepté de  se prêter au test en donnant dans la journée trois mini-concerts sous différents formats à Leipzig devant plus de 2000 participants.
Hendrik Schmidt / dpa / AFP Le chanteur pop Tim Bendzko a accepté de se prêter au test en donnant dans la journée trois mini-concerts sous différents formats à Leipzig devant plus de 2000 participants.

Est-il possible d’autoriser à nouveau des concerts pop malgré la COVID-19 ? L’Université allemande de Halle a menésamedi une gigantesque expérience grandeur nature avec plus de 2000 participants pour tenter d’y répondre.

Un chanteur pop célèbre en Allemagne, Tim Bendzko, a accepté de se prêter à ce test en donnant dans la journée trois mini-concerts sous différents formats à Leipzig, avec plus ou moins de spectateurs et de distance entre eux, ou de mesures d’hygiène.

Objectif : donner la possibilité aux chercheurs de déterminer quelle pourrait être la meilleure organisation possible en vue d’éviter des contaminations. Il s’agit de la plus grande expérience de ce type menée en Allemagne. Seuls des participants jeunes et en bonne santé ont été acceptés afin de tenter de limiter les risques de contamination durant ces expériences.

« Ce projet doit poser les jalons d’un redémarrage dans toute l’Allemagne du secteur du divertissement car il est particulièrement touché par les mesures de restrictions liées à la pandémie » de COVID-19, a déclaré le ministre régional à la science de la région de Saxe-Anhalt, Armin Willigmann, à la chaîne de télévision locale MDR. La région subventionne la recherche à hauteur d’un million d’euros (1,5 million de dollars canadiens).

Tout s’est déroulé dans une grande salle de concert de Leipzig. Les volontaires venus pour les concerts devaient présenter un test récent négatif au nouveau coronavirus et ont dû faire prendre leur température à l’entrée.

Rat de laboratoire

Ils portaient en outre tous un masque de type FFP2 et un appareil suivant tous leurs déplacements et leurs contactsà l’intérieur. « Là, je me suis rendu vraiment compte que je faisais office de rat de laboratoire », a commenté sur MDR un des volontaires, Robert Siemer.

Des produits désinfectants fluorescents ont aussi permis d’observer quelles surfaces les participants touchent le plus souvent avec leurs mains. Et l’université a même mesuré les trajectoires des aérosols exhalés par les spectateurs, ces petites particules qui, selon les experts, jouent un rôle dans la contamination.

Grâce aux données collectées, les chercheurs entendent définir un modèle mathématique pour évaluer les risques de propagation dans une grande salle de concert. Les résultats doivent être publiés à l’automne. Ils sont attendus avec impatience par les organisateurs de concert et toutes les personnes travaillant dans le secteur culturel et du divertissement. La plupart sont au chômage forcé depuis des mois.

Les grands rassemblements restent interdits jusqu’à fin octobre au moins et la chancelière allemande Angela Merkel a récemment prévenu qu’elle ne voyait pas de marge de manœuvre pour relâcher les restrictions en ce moment face à la remontée du nombre de cas de coronavirus dans le pays. L’Allemagne a ainsi enregistré au cours des dernières 24  heures plus de 2000 nouveaux cas, un niveau record depuis la fin du mois d’avril, durant le pic de la pandémie.

D’autres projets sont à l’étude ailleurs dans ce domaine. Des experts de l’hôpital Charité de Berlin viennent ainsi de présenter un concept pouvant permettre de rouvrir à plein régime les grandes salles de concert de musique classique et d’opéra, avec port du masque obligatoire pour les spectateurs.

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