Votre carnet de concerts de la fin de semaine (V)

Le concert  de musiques  sacrées  médiévales  et orthodoxes  piloté par Teodor  Currentzis  constitue une belle surprise.
Nadia Romanova Le concert de musiques sacrées médiévales et orthodoxes piloté par Teodor Currentzis constitue une belle surprise.

À l’amorce de cette cinquième semaine, I Musici vient s’ajouter aux institutions québécoises présentes sur Internet. Et quel nectar, puisqu’il s’agit du retour de Christian Blackshaw, plutôt rare sur le web, dans le 24e Concerto pour piano, de Mozart, un concert dirigé par Jean-Marie Zeitouni, comprenant aussi la Symphonie pastorale, de Beethoven, et capté à la Maison symphonique de Montréal.

À partir de vendredi, l’Orchestre symphonique de Montréal, qui a réalisé un clip mosaïque à l’intention des personnels des services essentiels, diffusera un concert de 2011 avec la Symphonie « inachevée » de Schubert. L’Orchestre Métropolitain vous offre le 1er Concerto pour violoncelle de Saint-Saëns, avec Jean-Guihen Queyras et Yannick Nézet-Séguin, filmé à la Philharmonie de Paris. Rappelons aussi le concert « Tharaud inédit » des Violons du Roy…

Nous aurons l’occasion de vous en parler la semaine prochaine : notez dès à présent à votre agenda le samedi 25 avril, à compter de 13 heures, le grand gala du Metropolitan Opera en direct, les vedettes du chant offrant des prestations depuis leur salon aux quatre coins du monde.

Dernière ligne droite

Nombreuses sont les institutions pionnières de l’offre en ligne qui limitaient la durée de leurs propositions. La crise datant de la mi-mars, plusieurs de ces offres touchent à leur fin. Ainsi, le très beau choix proposé par le théâtre de la Monnaie de Bruxelles prend fin ce dimanche. Nous vous avons conseillé Tsar saltan, de Rimski-Korsakov, la semaine dernière. Poursuivez l’exploration selon vos goûts : une Gioconda de Ponchielli, perverse et démesurée, sous le regard d’Olivier Py, Alain Altinoglu beau à en pleurer dans Tristan et Isolde, fort bien chanté par Ann Petersen, Bryan Register et Franz-Josef Selig ou Aida, de Verdi, toute en tableaux humains, et débarrassée d’un inutile monumentalisme.

À l’Opéra des Pays-Bas, on peut voir jusqu’à dimanche La petite renarde rusée, de Janáček, et c’est fortement recommandé. Faisant le tour des grandes maisons d’opéra, nous sommes attirés par L’Italienne à Alger, de Rossini, à l’Opéra de Vienne, ce vendredi et mardi prochain (la distribution la plus luxueuse est ce soir), en concurrence, ce vendredi avec la miraculeuse Madame Butterfly du Met.

L’Opéra de Munich met à disposition jusqu’à cette nuit un excellent Élixir d’amour, de Donizetti, et jusqu’au 25 avril La femme sans ombre, de Strauss, dans la mise en scène (surprenante pour des yeux nord-américains) de Krzysztof Warlikowski, dont le chef Kirill Petrenko avait banni, jadis, la publication en DVD.

Sources de spiritualité

Amateurs de répertoire symphonique qui avez encore un crédit auprès du Philharmonique de Berlin, n’oubliez pas de l’utiliser puisque la gratuité expire au bout d’un mois. Si l’idée de découvrir des œuvres peu courantes vous a plu, ne manquez pas la Symphonie Asraël de Suk par Kirill Petrenko.

Notre découverte de la semaine est la page d’archives du Norddeutscher Rundfunk (NDR) en Allemagne. C’est écrit en allemand, mais les icônes mènent clairement à quelques trésors, notamment les Symphonies nos 3, 4, 5, 6 et 8 de Bruckner par le grand Günter Wand (1912-2002). La Symphonie n° 8 est un chef-d’œuvre dans une remarquable qualité visuelle et sonore. Allez aussi voir la 2e Symphonie de Sibelius par Herbert Blomstedt en 2016.

Mais la surprise est le concert de musiques sacrées médiévales et orthodoxes a capella sorte de rituel vocal magnétisant déroulé par Teodor Currentzis à la Sainte Chapelle. Posté mercredi par Arte, il suscite une quête de spiritualité étanchée par quelques autres immenses musiciens. On peut voir aussi sur le site d’Arte une grande Messe en si de Bach par Leonardo García Alarcón captée à Paris à la fin de l’année dernière.

Autre aubaine : la télévision néerlandaise a posté en haute définition le concert de Vincent Dumestre et du Poème Harmonique au Festival de Musique ancienne d’Utrecht autour du concept Anamorfosi. La magie la plus absolue débute peu après une heure de concert. Quant à ceux qui restent sous le choc des Vêpres de la Vierge, de Monteverdi, sous le regard multiculturel de Simon-Pierre Bestion, ils seront intéressés par son projet « Prophètes », unissant des chants sacrés de tradition chrétienne (Machaut, Brahms, Rachmaninov, Pärt) musulmane et séfarade, superbement filmé à la basilique Saint-Denis, en banlieue de Paris.