Être vite sur ses patins

Quatre balados​ dans lesquels vous plonger pendant votre isolement préventif ou votre quarantaine forcée.
Photo: Getty Images / iStockphoto Quatre balados​ dans lesquels vous plonger pendant votre isolement préventif ou votre quarantaine forcée.

Pour les prochaines semaines, Le Devoir profitera de votre livraison hebdomadaire du DMagazine pour vous proposer des balados dans lesquels vous plonger pendant votre isolement préventif ou votre quarantaine forcée — on n’est pas regardant. Pour les retrouver, faites une recherche dans l’application de balados de vos téléphones ou tablettes. Des suggestions de Philippe Papineau.

Tu me niaises

L’excentrique duo d’humoristes Sèxe Illégal roule sa bosse sur scène et même sur disques depuis longtemps déjà en marge d’un star-système comique parfois un peu lassant. Depuis quelques mois, les deux amis ont ajouté une corde à leur arc en proposant un balado, intitulé Tu me niaises.

Ce ne sont pas les personnages du groupe qui portent ce balado humoristique, mais bien les humains derrière, Mathieu Séguin et Philippe Cigna. Les deux comiques pas mal vites sur leurs patins sont aussi accompagnés de Jean-François Provençal (Les appendices), excellente troisième roue du carrosse. Selon leur propre description, Tu me niaises ouvre « les portes de l’underground artistique avec un podcast complètement libre, irrévérencieux et sur la puff. »

Le balado fera plaisir aux auditeurs qui aiment déjà la touche de Sèxe Illégal, et leur permettra en plus de se nourrir culturellement, car Tu me niaises offre la plupart du temps une vitrine à des créateurs d’ici, de Violett Pi aux Deuxluxes en passant par Coco Belliveau. Le tout se déniche dans toutes ses déclinaisons sur leur page Patreon pour quelques dollars par mois, mais beaucoup de contenus se retrouvent gratuitement sur les agrégateurs de balados et même sur YouTube.
 

Les Nordiques de Québec, le podcast

Tant qu’à vivre sa passion sportive dans la nostalgie en réécoutant de vieux matchs de hockey à la télé, aussi bien se replonger dans l’histoire d’une équipe disparue mais encore fortement ancrée dans la culture populaire : les Nordiques de Québec.

Le journaliste radio Pierre Blais, qu’on peut entendre sur les ondes du FM 93 dans la capitale, mène cette série audio avec deux équipiers pas piqués des vers : Maurice Dumas, un ancien journaliste sportif au Soleil, et Claude Bédard, qui a été directeur des pages sportives du Journal de Québec pendant 28 ans.

Le résultat n’est pas des plus léchés d’un point de vue sonore, le balado étant un hybride de documentaire et de tribune sportive. Mais c’est le contenu qui compte ici, car les anecdotes pleuvent et le récit est précis et détaillé. Les amateurs seront sustentés par ce balado qui se déclinera en 33 épisodes.
 

Ologies

L’épisode actuel de pandémie de coronavirus fait ressortir l’importance de la science et des chercheurs dans la société. Le balado anglophone Ologies met justement en lumière le travail de ces savants au parcours souvent fascinants, comme dirait l’autre.

Le titre du balado réfère au suffixe qui définit les noms de sciences, et elles y sont nombreuses et souvent très intrigantes. La pimpante et pertinente animatrice Alie Ward, journaliste et vulgarisatrice scientifique, ratisse d’ailleurs très large dans les choix de sujets. Des épisodes traitent de paléontologie ou de mycologie, d’autres de teuthologie (étude des céphalopodes) ou de la science des plumes, ou même de celle des toiles d’araignées. Oui, ça existe !

Ologies adopte un ton et un langage très accessibles, et Alie Ward se permet ici et là de petits ajouts en postproduction pour expliquer ou préciser certains faits. À chaque épisode sa science, et à chaque science son chercheur, que le balado permettra de découvrir personnellement et professionnellement.
 

La sentinelle

Voilà un projet qui est né à vitesse grand V au moment où le milieu des arts était durement touché par les mesures mises en place pour éviter la propagation du coronavirus. La sentinelle est le fruit du travail croisé de Marc-André Mongrain (sorstu.ca), Louis-Philippe Labrèche (Canal auditif) et Jean-François Roy (Cactus production sonore).

Ce balado dit « spontané », mené sous l’égide de la coopérative Culture cible, se fait au fil de rencontres avec des travailleurs et des travailleuses autonomes du milieu de la culture, pour qui les revenus — et parfois la raison d’être — se sont dissous aussi rapidement qu’une avance du Canadien en troisième période (oui c’est une vieille référence du mois de février).

Au fil des rencontres, on comprend mieux la nature du pigiste culturel, et on saisit à quel point la situation peut être difficile ces jours-ci. Résilience et beauté émergent des interventions des divers créateurs rencontrés ici dans un parc, ailleurs au bout du fil.