Partir au vent, Jean-Pierre Ferland

L’idée est belle. Rassembler les chansons dédicacées. Jean-Pierre Ferland, parfois par amitié, parfois sur commande, voire par défi, a toujours eu les mots qu’il fallait pour rendre hommage. Doué comme il l’est, alliant l’intelligence de verbe à la justesse d’émotion, la truculence à la sensualité, il a pu dire parfaitement ce que le Québec voulait exprimer pour Gilles Villeneuve dans Un gentil homme et un champion, à l’amie des débuts Clémence DesRochers dans Télégramme pour une folle, à son plus cher mentor dans Chanson pour Félix. Même quand les chansons étaient destinées à des interprètes (Rouge, pour Ginette Reno ; Ma chambre, pour Céline Dion), il savait comment parler d’elles, de l’intérieur. Ça ne fait pas de ces réenregistrements (sauf l’inédite Le monde de Benjamin) un grand disque pour autant. Les versions, agréablement countryfiés, ne sentent pas moins la routine, et Jean-Pierre peine à s’accrocher aux notes. Bâtisse fragile, qui risque fort de… partir au vent.

Écoutez Chanson pour Félix

Partir au vent

★★★
​Chanson

Jean-Pierre Ferland, Tandem