Henryk Górecki, Quatuor Molinari

Après tant de projets substantiels — Kurtag, Goubaïdoulina, Schnittke, auxquels on ajoutera Chostakovitch en concert —, nous étions surpris de voir les Molinari s’engager en faveur d’Henryk Górecki (1933-2010), compositeur qui connut fortune et gloire pour sa Symphonie no 3 avec soprano, dont l’enregistrement avec Dawn Upshaw dépassa le million d’exemplaires vendus. Les œuvres entendues par ailleurs de Gorecki, nettement inférieures à Penderecki, Szymanowski, Lutoslawski ou Bacewicz, nous ont majoritairement paru d’un modernisme stérile. Malgré l’engagement et la qualité d’exécution des Molinari, le pensum que représente l’écoute de ces trois quatuors composés pour le Quatuor Kronos en 1988, 1991 et 1994 est assez indescriptible. Contrastes exacerbés, répétitions et pilonnages semblent redéfinir le concept de la scie musicale (1er Quatuor, notamment). En 1994, deux ans après le succès « populaire », dans son 3e Quatuor, le seul des trois qui émerge, Gorecki fait naître quelques atmosphères et la musique trouve un semblant de raison d’être.

 

Henryk Górecki

★★
​Classique

Intégrale des quatuors à cordes, Quatuor Molinari, Atma, 2 CD, ACD2 2802