Airat Ichmouratov, Evgueni Bouchkov

L’art d’Airat Ichmouratov, Montréalais depuis 20 ans, qui dédie ce 1er CD Chandos à la mémoire de Yuli et Eleonora Turovsky, se distingue par son efficacité mélodique et sa faculté de créer des images à travers les sons. Comment son travail sera-t-il reçu à l’étranger grâce à cette exposition internationale ? La condescendance des contemporains à l’égard de ce qui est consonant aboutit désormais au mouvement inverse : le creux abyssal du « néoclassical ». Dans cette nouvelle donne, la voix pertinente d’Airat Ichmouratov est celle d’un mélodisme orchestral nettement plus riche, souvent teinté de folklore (le klezmer dans le 1er volet du Concerto grosso), pétri de culture classique (Sacre et Roméo et Juliette voisinent dans le mouvement suivant), parfois tiraillé (Octuor). Plus que tout, les Romances pour alto et cordes, jouées par Elvira Misbakhova, marquent le territoire d’Ichmouratov et vrillent le cœur. À tous les détracteurs d’une musique jugée « facile », on lancera ceci : « Composez-nous ça d’abord, on discutera ensuite ! »

Écoutez Airat Ichmouratov par Evgueni Bouchkov

Airat Ichmouratov

★★★★
Classique

Evgueni Bouchkov. Chandos 20141.