Une dernière danse avec Afrodeutsche

L'artiste Afrodeutsche
Photo: Redbull Music Festival L'artiste Afrodeutsche

Afrodeutsche possède une fabuleuse oreille pour les mélodies complexes et les harmonies riches qui s’élèvent sur des rythmiques rêches et carrées rappelant le son électronique classique de Detroit. Écoutez le remix qu’elle a fait de la chanson Day Dreaming de son amie Marie Davidson. La version originale est exactement ça, un rêve éveillé, sans pulsions, des mots échappés sur des nappes de synthés ; la compositrice et remixeuse britannique lui a donné du ressort tout en lui insufflant une suave mélancolie, on croirait entendre un prélude de Chopin…

« C’est curieux que tu fasses ces comparaisons, car je n’ai vraiment pas grandi en écoutant ces vieux sons de Detroit ou les premiers albums d’Aphex Twin », explique Henrietta Smith-Rolla depuis sa chambre d’hôtel de Bruxelles, où elle fait escale. « J’écoutais un tas d’autres musiques auparavant qui n’avaient pas grand-chose à voir avec ça… Au fond, ce que ça me démontre, c’est que la musique est vraiment un langage universel. J’imagine qu’on parle tous le même langage, alors, et me faire comparer à Aphex Twin, je le prends comme un compliment.

C’est en formule DJ qu’elle tourne présentement — Aphex Twin l’a incidemment invitée à faire sa première partie il y a quelques jours à Londres ! — et qu’elle se présentera à nous vendredi. « J’ai joué pendant quinze ans dans différents groupes. J’ai chanté du Sun Ra dans l’un d’eux, joué de la basse, de la batterie, j’ai hurlé dans des groupes punk, chanté dans des orchestres jazz, touché un peu aux musiques électroniques… J’ai toujours baigné dans la musique, depuis mon adolescence. C’est Manchester qui m’a fait comme ça ! »

J’aime les gens, j’aime être dans des groupes, j’aime sortir et observer les gens danser. Et me voilà dans une situation où je me trouve à pouvoir observer ça tout le temps, dans plein de pays diffé-rents… mais toujours toute seule.

Le RedBull Music Festival revient à Montréal pour quatre soirées concept jusqu’au 23 septembre et ce sont ses organisateurs qu’il faudra remercier d’avoir invité Smith-Rolla, qui a lancé un premier et brillant album l’an dernier sous l’étiquette Skam, intitulé Break Before Make. Pour cette soirée de vendredi, le festival a donc élaboré une affiche de haut calibre pour souligner la fin de la tournée mondiale de Marie Davidson, amorcée l’an dernier avec la sortie de son album Working Class Woman. En plus de la musicienne rentrant au bercail, les performances du légendaire duo techno de Detroit Depth Charge, les ambiances de Kara-Lis Coverdale, Solitary Dancer, Feu St-Antoine, tous de Montréal, le producteur techno italien Marco Passarani et la compositrice, DJ et amie de Davidson.

« Mes derniers concerts live, je les ai justement donnés avec Marie Davidson », raconte Afrodeutsche, musicienne britannique aux racines russes, ghanéennes et allemandes. Elles se sont rencontrées il y a quelques années, lorsque Marie jouait à Manchester, « mais c’est vraiment plus tard, lorsque nous étions toutes deux programmées [au légendaire club de Berlin] Berghain que nous avons connecté. »

Toutes deux partagent cette même énergie techno brute et leur aisance à communiquer avec un parterre bondé de danseurs. « Ironiquement, j’ai fait beaucoup de spectacles avec un tas de projets différents, mais je n’aime pas me montrer ! Pourtant, c’est grâce à cette expérience que j’ai réussi un jour à devenir DJ, seule devant des gens, derrière les platines. »

« La plus grande différence entre ma vie de musicienne d’avant et celle que je mène aujourd’hui — être musicienne électronique et DJ —, c’est que je mène une vie vraiment solitaire ! », avoue-t-elle en riant. « J’aime les gens, j’aime être dans des groupes, j’aime sortir et observer les gens danser. Et me voilà dans une situation où je me trouve à pouvoir observer ça tout le temps, dans plein de pays différents… mais toujours toute seule. »

La soirée Marie Davidson, Save the Last Dance for Me, promet déjà d’être le moment fort du RedBull Music Festival, et sans doute fort couru. Le concert débutera à 22 h vendredi, au Studio Notre-Dame, dans Hochelaga.

 

À l’affiche du RBMF

En ligne Affiche élaborée autour du concert des plateformes de diffusion musicale en ligne, la soirée réunit la relève du rap local qui gagne son auditoire sur le web. Animée par Lou Phelps, la soirée verra défiler l’artiste reggaeton Isabella Lovestory, Kris the $pirit de The Posterz, KGoon du Paper Boyz Squad, DARY et la chanteuse Zeina.

18 septembre, Ausgang Plaza

Moonshine Live

Copilotée par Pierre Kwenders, la série d’événements afrobeats Moonshine est désormais reconnue à travers le monde ; en rupture avec la tradition, on connaît le lieu d’avance et les artistes invités (Kwenders, Bonbon Kojak & Les Anges Farot, Coco Em, Sudan Archives, Qi Yama) préféreront le live aux performances DJ.

21 septembre, Le Monastère  

Hubert Lenoir’s Night School​

L’auteur-compositeur-interprète a pourtant enterré Darlène aux dernières Francos — un enterrement de fortune, si on peut dire, en lieu du concert collaboratif annoncé avec Yes McCan qui n’a pu se concrétiser. Rien n’a filtré à propos du programme de cette « classe du soir » de Lenoir, qui se déroulera dans un lieu inédit.

23 septembre, 2110, rue Saint- Dominique