Les retrouvailles au FME

Stéphanie et Mélanie Boulay ont offert en primeur plusieurs chansons tirées de leur nouvel album, qui paraîtra vendredi prochain.
Photo: Louis Jalbert Stéphanie et Mélanie Boulay ont offert en primeur plusieurs chansons tirées de leur nouvel album, qui paraîtra vendredi prochain.

La 17e édition du Festival de Musique émergente d’Abitibi-Témiscamingue s’est ouverte jeudi soir avec une primeur : le retour sur scène des Soeurs Boulay après quasiment deux ans d’absence. Leur concert revampé a gagné en tonus sans rien n’avoir perdu en confidences, ce qui, présume-t-on, annonce les couleurs du nouvel album La Mort des étoiles, qui paraîtra vendredi prochain et dont elles ont offert plusieurs extraits aux fans réunis dans cette Agora des arts affichant complet.

Présumons, puisque nous n’avons pas encore entendu ce disque nouveau, hormis les extraits déjà dévoilés, la superbe Nous après nous que tous connaissaient déjà par coeur hier (cette simple mélodie au refrain !), la chanson-titre ainsi que Je rêve, toutes offertes jeudi. Aux Rouyn-norandais alors l’exclusivité, non seulement du nouveau concert, mais de l’album complet ! Il était là, étendu sur la table de marchandises à vendre au public, en format vinyle et cd, une semaine avant d’atterrir chez les disquaires !

Les soeurs ont néanmoins choisi d’ouvrir en terrain connu… Ou presque. Par le chignon du cou de leur premier album (Le Poids des confettis, 2012) s’était débarrassée du swing country-folk originel pour se poser sur une rythmique nettement plus rock qui, là encore, donne un signe quant à la direction du quatrième album : le folk et le country demeureront dans le code génétique des chansons de Mélanie et Stéphanie, mais il semble maintenant être temps d’aller explorer autre chose.

Mais puisqu’on ne se refait pas totalement, les Boulay sont vite retombées dans leurs habitudes. Après avoir crêpé le chignon du cou, elles se sont longuement adressées à l’auditoire, parlant d’album solo, de maternité (il fut notamment question de plancher pelvien, pour tout vous dire), de rêves à accomplir et à partager en message privé aux soeurs via Instagram… Et quoi encore ? C’est Mélanie qui l’a dit : « On s’était vraiment ennuyées de vous ! »

Enchaînant avec Cul-de-sac (encore du premier disque) puis Les Couteaux à beurre (de 4488 de l’Amour, 2015) dans l’esprit folk-pop qui a fait le succès du duo, les Soeurs Boulay ont vite enchaîné avec une inédite intitulée Au doigt, au texte percutant abordant le thème de la soumission, le batteur jouant avec des maillets alors que Stéphanie avait déposé sa guitare pour accompagner aux percussions. Une chanson lourde, dans tous les sens du mot.

C’est toutefois la nouvelle chanson Léonard qui a fait le plus grand effet auprès de la foule la découvrant. Une composition de Mélanie, vraisemblablement, portant le nom de son fils, qu’elle a interprétée presque en solo (Stéphanie aux choeurs et à la guitare électrique), assise au piano, le refrain allant ainsi : « On a beau mettre quelqu’un au monde / On ne possède personne ». Avec Nous après nous chantée juste après, la foule a eu l’impression de recevoir deux claques, et ceux qui discutaient peinards en début de concert comme s’ils étaient dans leur salon ont fini par se taire après ça.

La première moitié penchait vers les ballades folk-pop, la seconde a revigoré les Boulay, leurs deux accompagnateurs et les spectateurs, à coup de succès : six ans plus tard, la tendre et amère Mappemonde est devenue une joyeuse ballade que les fans chantent en se défoulant de leurs amours ratées, Des Shooters de fort sur ton bras a le même effet rassembleur, et ainsi de suite jusqu’au Show de boucane, pop et pétillante, offerte avant le rappel.

Lequel était constitué de trois inédites, La Mort des étoiles, Je rêve puis Immensité. La première brillait par sa simplicité, s’appuyant sur les harmonies vocales des Boulay, la seconde se présentait comme une légère chanson pop rétro que Stéphanie aurait pu ajouter à son propre album solo (le sympathique Ce que je te donne ne disparaît pas, 2018), alors que la ballade finale s’annonçait déjà comme une autre de ces chansons que les fans apprendront par coeur.