Soft Hell, Pill

Bienvenue dans la période de l’année la plus étourdissante pour les critiques de musique qui doivent se plier au rituel du palmarès des albums de l’année. Nous opterons ici plutôt pour une revue des grands oubliés de 2018. Commençons par une sortie du mois d’octobre, du quatuor brooklynois de post-punk-art-house-garage-no-wave-en-veux-tu-en-voilà Pill. Qu’est-ce que le « Soft Hell » ? C’est cette vie monotone et normée qui emprisonne et aliène. C’est ce monde du travail qui nous fait croire qu’on est en vacances parce qu’il y a une table de baby-foot dans la cafét’, mais qui peut désormais signaler en plein souper entre amis que le rapport est dû mardi matin. Mais c’est aussi réaliser qu’on existe, qu’on est humain, et qu’on peut chanter, crier, danser. Jouer du saxo. Écouter beaucoup de musiques et les faire nôtres : Pylon, Parquet Courts, Downtown Boys, Sonic Youth… C’est un cri rauque sur une trame de guitare hyperactive qui rappelle que si le monde va mal, c’est pas une raison pour perdre la joie.
 

Soft Hell

★★★ 1/2
Art punk

Pill, Mexican Summer