Zoubida, Ayrad

Avec Zoubida, second album qui survient quatre ans après le remarqué Ayrad (une nomination aux prix Juno et un Félix), la joyeuse bande de Hamza Abouabdelmajid déconstruit encore plus les codes de la musique marocaine, se les approprie, en fait une lente décoction pour leur injecter un « punch » qui « kick » dans les détours. Ayrad est connu pour lancer la fête, ce n’est donc pas une surprise. Mais on vient ratisser encore plus large pour parler à plus de gens : on explorait déjà le blues et le rock, on s’étend désormais jusqu’aux territoires de l’assouf (Ya bniya), du funk (Boumboum, Ha Raï), du dancehall, même (Bitali), du swing (Mamay), des sonorités celtiques (Botagas). Facile de faire le rapprochement avec le roi du raï, Rachid Taha, évidemment, mais on a aussi des flashs de Tinariwen, des Big Bad Voodoo Daddy, de Jean Leloup. Le voyage est doux, mais un peu d’un autre temps : celui où la voix de Manu Chao emplissait les cafés aux odeurs de patchouli. En concert le 6 décembre à l’Anglicane de Lévis.
 

Zoubida

★★★
Raï métissé

Ayrad, Les Faux Monnayeurs