Le blues des Canucks tient la forme

Kenny «Blues Boss» Wayne, né aux États-Unis, mais Canadien d’adoption, vient de publier «Inspired by the Blues» sur l’étiquette canadienne Stony Plain.
Photo: R. Mellado Jazz San Javier Kenny «Blues Boss» Wayne, né aux États-Unis, mais Canadien d’adoption, vient de publier «Inspired by the Blues» sur l’étiquette canadienne Stony Plain.

Bon, le blues dans sa version « kanadian » au présent de l’indicatif se porte pas mal, et même plutôt bien. Il ne casse pas la baraque, comme disaient les jeunesses d’antan, mais il a atteint l’âge adulte, s’étant débarrassé des « scories », comme disent parfois les jeunesses d’aujourd’hui, qui singularisent le cirque rock and roll.

Au ras des pâquerettes comme du bitume, le blues au présent a pour noms propres Kenny « Blues Boss » Wayne et Colin James. Le premier, né aux États-Unis mais Canadien d’adoption, vient de publier Inspired by the Blues sur l’étiquette canadienne Stony Plain. Le deuxième propose Miles to Go sur l’étiquette True North Records. Note économique importante : à la suite des changements de propriétés effectués lors du présent exercice financier, Stony Plain, maison de disques formée en Alberta par Holger Petersen, est devenue une filiale de la canadienne True North.

Photo: True North Records Colin James

Pianiste fidèle à bien des égards au style établi par Jay McShann, donc enclin au swing qui a fait la réputation de Kansas City, Wayne signe avec Inspired by the Blues un album très joyeux. À une exception près, aucune de ses compositions ne dépasse les quatre minutes. Autrement dit : l’éventail stylistique est très riche. Signe de qualité de cet album : Wayne a fait appel au maître de la six cordes et encyclopédiste du blues et du jazz, soit Duke Robillard. Quoi d’autre ? Comme disent les ados : « y’a des brass ». Sinon ? C’est fort bien produit.

Ce qu’il a de bien, Colin James, et qui est de plus en plus rare en cette époque du tout-marketing, c’est qu’il évolue. Il ne campe pas sur ses succès de jeunesse. Après avoir remisé au placard les saillies du cirque rock and roll, il s’est employé musicalement à prendre de la maturité. Son album est une combinaison de classiques du genre fort bien choisis et de pièces originales. Entre autres qualités, son Miles to Go a celle-ci qui est essentielle : à chaque écoute, du nouveau se dévoile. Bravo !

À surveiller

Malasartes fait l’événement cet automne. L’étiquette fondée par le saxophoniste, chanteur et compositeur Damian Nisenson vient de concevoir une belle affiche. De quoi ? De spectacles. En fait, Malasartes propose une série de quatre shows à La Vitrola, située au 4602 du boulevard Saint-Laurent. Détaillons.

Le jeudi 8 novembre à compter de 21 h, le groupe Solawa, qui enregistrera prochainement un deuxième album, occupera la scène. Solawa, ce sont des voix, une harpe (!), des saxophones, une guitare, une contrebasse et des percussions. Le 9 novembre, ce sera au tour de la formation NoZen, qui a présenté il y a peu un album formidable, SIT, avec Nisenson, Pierre Tanguay à la batterie, Bernard Falaise à la guitare et Jean-Félix Mailloux à la contrebasse.

Le 10 novembre, Quinteto de Academia, un ensemble argentin versé dans le tango dit de chambre, sera de la partie, suivi par l’orchestre montréalais Radio Tango. Ensuite, le 11 novembre, ce sera DJU dirigé par Julie Houde, spécialiste du tuba, en première partie. Celle-ci formera un duo avec le contrebassiste Hugues-Olivier Blouin.