The Plastic Waste Band: jazz progressif et écologique

Le Plastic Waste Band — Claire Devlin et Chris Edmondson aux saxophones, Matt Schultz à la guitare, John Buck à la batterie — se produira samedi soir, 17 h, au Dièze Onze, rue Saint-Denis.
Photo: Evan Shay Le Plastic Waste Band — Claire Devlin et Chris Edmondson aux saxophones, Matt Schultz à la guitare, John Buck à la batterie — se produira samedi soir, 17 h, au Dièze Onze, rue Saint-Denis.

Le compositeur et contrebassiste Ethan Cohn a lui aussi pris connaissance du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié la semaine dernière. « Mais voilà, je suis un musicien de jazz. Qu’est-ce que je peux faire ? Je n’ai pas le pouvoir de soustraire le pays aux énergies fossiles. J’agis en conséquence, en changeant mes habitudes personnelles, mais au fond, tout ce que je peux faire, vraiment, c’est essayer de faire écho à ces bouleversements dans ma création », dit le leader du bien nommé quintette The Plastic Waste Band, en concert samedi à l’affiche du festival OFF Festival de jazz.

Le New-Yorkais d’origine s’est établi à Montréal il y a quatre ans pour poursuivre ses études en musique à l’Université McGill, qu’il a terminées au bout d’un baccalauréat. « I’m sticking around Montreal », dit-il, ajoutant en apprécier la scène musicale, même modeste, si on la compare avec la vibrante scène jazz de New York. « Je savais qu’en demeurant ici, je pouvais profiter de tout un réseau d’amis et d’une multitude de projets musicaux vraiment cool. Et puis, le coût de la vie est beaucoup moins cher… Je suis heureux d’être resté, un choix à la fois nourrissant et plein de défis. »

Celui annoncé par le GIEC est d’un tout autre ordre : il suffirait de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C pour échapper à la catastrophe. Ou, comme le reformule Cohn, « il faut travailler maintenant pour faire en sorte que la fin du monde n’arrive pas au moment où l’ont annoncé les scientifiques ».

Pour la cause

Le musicien de vingt-deux ans apporte sa petite contribution avec son Plastic Waste Band — « un nom en partie drôle, mais aussi en partie utile » —, puisque toutes les recettes des ventes de son premier album, paru l’an dernier, seront versées à un organisme de protection de l’environnement. « L’album est offert en téléchargement gratuit sur Bandcamp, mais les gens sont aussi invités à payer un montant pour l’obtenir. Je savais de toute façon qu’on ne gagnerait pas des masses d’argent avec ce disque, alors pourquoi ne pas tout rendre pour la cause ? »

Je savais de toute façon qu’on ne gagnerait pas des masses d’argent avec ce disque, alors pourquoi ne pas tout rendre pour la cause ?

La cause en vaut la peine autant que la musique du quintette, formé de musiciens d’ici et des États-Unis. Pendant qu’une nouvelle génération de jazzmen nourrit sa création de rap et de funk, Cohn replonge dans le rock progressif et le jazz fusion des années 1960 et 1970 qu’il affectionne tant, le tout avec une admirable fluidité, des timbres passionnés et quelques passages étonnants, comme cette brève chanson folk qui clôt joliment l’album (Sail Away). Si Weather Report demeure une des références de l’album Plastic Waste, paru l’an dernier, le prochain, présentement en cours d’enregistrement et dont la parution est prévue pour février prochain, accentuera le virage rock. « King Crimson est probablement la plus grosse influence du nouvel album », assure Cohn, qui promet un concert constitué uniquement de nouvelles compositions.

Le Plastic Waste Band — Claire Devlin et Chris Edmondson aux saxophones, Matt Schultz à la guitare, John Buck à la batterie — se produira donc samedi soir, 17 h, au Dièze Onze, rue Saint-Denis. La soirée de clôture officielle de la 19e édition du OFF Festival de jazz débutera quant à elle à 20 h, à l’Astral. Au programme, une soirée menée par le saxophoniste Samuel Blais, qui a invité les collègues John Hollenbeck (professeur associé à la Faculté de musique de l’Université McGill) et Dan Weiss (son plus récent album, Starebaby, est paru au printemps dernier), batteurs, ainsi que le guitariste Ben Monder, tous deux originaires des États-Unis.