Konoyo, Tim Hecker

Le compositeur ambient-expérimental montréalais Tim Hecker change d’air. Après les denses et pastorales sonorités de grandes orgues décortiquées sur ses derniers albums, il se transpose dans la tradition musicale japonaise. Sa matière sonore principale est cette fois le son, les timbres et les harmonies particulières des orchestres gagaku, musique maintes fois centenaire de la Cour impériale de Kyoto, puis du Palais impérial de Tokyo, qu’il triture et déconstruit comme lui seul sait le faire. En rupture avec les massives couches sonores des précédents disques, Hecker privilégie l’effondrement des structures musicales réglementées du gagaku — c’est frappant sur Across to Anoyo, où les repères orchestraux amenés depuis le début de l’album, ces timbres typiques de l’orchestre japonais enregistré sur place, sont retournés comme une crêpe avec une dissonance appuyée. Quelque chose comme un nouveau chapitre dans la démarche du compositeur, avec même des moments rythmés et mélodieux, possédant autant de moments de grâce que de passages rugueux et déboussolants.


Konoyo

★★★ 1/2
Expérimental

Tim Hecker, Domino