La nuit des longs couteaux, Koriass

Dire que ce 5e album de Koriass est né dans la douleur est un euphémisme : après tout, chacun de ses disques a mijoté un moment dans le doute et l’introspection. L’exploit ici est que son auto-flagellation et sa contemplation dans la douleur occupent toutes les pensées du rappeur, un choix thématique qui finit par montrer vite des signes de redondance, par exemple sur les lassantes Chenous et Cause perdue. Koriass nous gave du récit de ses maux, exposant les infidélités, dépendances et errances l’ayant mené direct aux soins psychiatriques — c’est dit dès J-3000, l’étonnante chanson (et son sample de Kim Carnes !) qui ouvre cet album coréalisé par Ruffsound et Philippe Brault. Ces deux experts compositeurs-arrangeurs-beatmakers transforment chaque chanson en joute de souque à la corde, entre les rythmiques bétonnées et orchestrations savantes ; pour sa part, le rappeur (qui a refusé d’accorder une entrevue au Devoir) possède l’une des prosodies les plus incisives du rap québécois, en témoignent Cinq à sept et Miracles (avec FouKi), deux des meilleures du disque.
 

La nuit des longs couteaux

★★★ 1/2
Hip-hop

Koriass, 7e Ciel