Banx & Banx à ÎleSoniq, le succès par hasard

Soké et KNY définissent leur projet comme «une fusion entre les musiques électroniques et les influences caribéennes».
Photo: Warner Music Soké et KNY définissent leur projet comme «une fusion entre les musiques électroniques et les influences caribéennes».

Cent millions d’écoutes cumulées sur Spotify, ça ne change pas le monde, sauf que… tiens, oui, ça change quelque chose finalement, reconnaît le compositeur, producteur et remixeur montréalais Yannick Rastogi, alias KNY. « Answerphone a été l’élément déclencheur dans notre carrière. Tout d’un coup, ces gens avec qui on voulait travailler et qui ne rappelaient jamais ont fini par trouver le temps de nous rappeler… »

Avec son collègue Soké, KNY forme le duo d’auteurs-compositeurs-producteurs-remixeurs Banx & Ranx, qui s’est trouvé un auditoire, principalement au Royaume-Uni, et peut-être un ici après sa performance vendredi au festival IleSoniq.

Succès estival de l’autre côté de l’océan, Answerphone s’appuie sur une rythmique doucement syncopée, « quelque part entre un beat nigérien et ivoirien. Après, on lui a donné un format plus pop, avec sa structure couplet-refrain, mais la base rythmique est manifestement africaine », maintient Rastogi. La chanteuse Ella Eyre pousse le refrain, le rappeur londonien d’origine congolaise Yxng Bane y couche quelques strophes, la chanson tombe pile-poil dans le courant afrobass qui gagne en popularité au Royaume-Uni.

Sans album

Banx & Ranx n’ont même pas d’album à proposer. Une poignée de singles seulement et des remixes — pour Gorillaz notamment, le duo montréalais étant lié à la même maison de disques, Parlophone. Leurs disques durs, cependant, regorgent d’inédits : la paire estime qu’elle compose entre 80 et 100 chansons originales par année depuis le début de son association il y a cinq ans.

Originaire d’Ottawa, Soké (Zacharie Raymond) avait déjà lancé deux albums solos au Québec de R&B-rap-reggae. « J’ai rencontré Yannick sur [la plateforme de streaming] Soundcloud, raconte-t-il. J’étais tombé sur un remix trap qu’il a fait du succès Blue d’Eiffel 65 — une de mes chansons préférées quand j’étais jeune. J’ai adoré, et quand j’ai vu qu’il était à Montréal, j’ai pris contact avec lui. C’était la première fois que, tous deux, nous rencontrions un autre producteur avec lequel il y avait de la chimie. »

Avant de produire et de remixer sous le nom de KNY Factory, « quand j’habitais encore la Guadeloupe en 2006, je chantais déjà mon dancehall en créole sur des rythmes électroniques ». Un amour partagé pour le rap contemporain, les rythmes électroniques dansants et les musiques caribéennes a scellé l’union qui, de démo en démo, les a menés à leurs premières productions en solo en forme de reggae-trap façon Major Lazer, à l’image de la chanson Lit qui marqua l’arrivée des producteurs sur Parlophone, qui passent désormais leur temps entre Montréal et Londres.

« C’est un peu par hasard qu’on a signé avec Parlophone, assure Rastogi. Nous avions déjà un manager en Angleterre, qui nous disait tout le temps comment notre carrière allait progresser… et c’est arrivé. On produisait déjà pour différents artistes, ce qui a attiré l’attention des dépisteurs des maisons de disques. Les patrons du label sont venus à Montréal pour discuter avec nous. » Banx & Ranx a paraphé le contrat le 21 avril 2016, « le jour même de la mort de Prince », se rappelle Soké.

Les membres de Banx & Ranx aspirent à s’imposer comme auteurs-compositeurs et producteurs sur la scène pop : « Le but, c’est de travailler avec le plus d’artistes possible », assure Soké, qui définit le son du projet comme « une fusion entre les musiques électroniques et les influences caribéennes, la somme des racines de Yannick et moi, le résultat naturel des musiques qu’on aime ».

Banx & Ranx prendra d’assaut la scène Mirage dès l’ouverture du festival IleSoniq, à 13 h.