Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Image: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Odile Tremblay

La mélancolie de Berthe Morisot
Si vous passez par Québec, ça vaut le coup d’aller faire un tour au pavillon Lassonde du MNBAQ. Y sont exposées jusqu’au 23 septembre plus de 50 toiles de Berthe Morisot, peintre impressionniste française, dont l’œuvre est pour la première fois mise en lumière au Canada. En son XIXe siècle, ses peintures de la vie quotidienne, aux contours volontairement esquissés, certaines marines, des regards de rêverie, troublent et enchantent. Seule artiste féminine du groupe de Monet et Renoir, ses profils de femme dégagent une mélancolie contagieuse : « Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, disait-elle, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux. »


Manon Dumais

Du théâtre d’été en costume
Comédie d’Alexis Michalik saluée de cinq prix Molière et bientôt adaptée au cinéma, Edmond raconte « l’effrayante aventure » de la création de Cyrano de Bergerac en décembre 1897, au Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Aux commandes de cette fantaisie aux accents burlesques truffée d’anachronismes amusants, de joyeuses invraisemblances et de savoureuses piques sur le théâtre, Serge Denoncourt signe une mise en scène réglée au quart de tour. Autour du solide François-Xavier Dufour dans le rôle-titre gravite une distribution qui s’éclate avec… panache ! Un pur divertissement. Au TNM, jusqu’au 28 août.


Philippe Papineau

Nutritif Multifruits
KenLo Craqnuques, d’Alaclair Ensemble, et sa tendre moitié, Caro Dupont, viennent de faire paraître le disque instrumental Multifruits, une trame sonore parfaite pour l’été caniculaire. Les deux musiciens livrent douze pièces qui coulent comme une limonade fraîche, sucrée mais acidulée. C’est funk, soul et hip-hop à la fois — pensez à Kaytranada —, dans un esprit très années 1970. Les sons sont moites, le rythme tempéré, déclenchant ce hochement de tête spontané créé par l’état de bonheur.


Jérôme Delgado

Errer jusque chez Circa
L’été au Belgo, c’est comme les lundis le reste de l’année : il n’y a pas grand-chose à voir. D’où le plaisir d’errer dans ce vivier d’expositions du centre-ville n’importe quel après-midi : tomber sur une galerie ouverte est une des plus agréables surprises estivales. Là, on y revient de vacances, ici, on n’y est pas encore. Et à Circa, « on reste ouvert tout l’été », au profit des assemblages colorés à mi-chemin de la musique et de la science de Nathalie Miebach. Il ne faut surtout pas hésiter : les 4e et 5e étages méritent qu’on y traîne.