Power, Lotic

Dès les premiers mots susurrés par Lotic, DJ et producteur installé à Berlin, sur Hunted, le premier extrait de son premier album intitulé Power, on saisit toute la puissance d’évocation de l’artiste originaire du Texas. Rejetant tout ce qui constitue notre conception traditionnelle de la « musique de club », ce digne représentant de la scène queer assemble des éléments sonores disparates pour créer des ambiances chargées. Essai théorique par la démonstration sur le champ des possibles de l’électronique (sons de fanfares, cliquetis d’outils, claviers R&B, gospel), Power est un enchaînement excessif, calculé et méthodique qui requiert la prise de pauses occasionnelles. À la manière d’Elysia Crampton, Lotic s’amuse à cacher des mélodies touchantes au travers du chaos des bruits. Des images de filmographies fictives émergent instantanément, issues de films qui seraient à la fois grotesques et inquiétants (Nerve, Power), à la Dario Argento. Dommage que l’artiste en fasse un tout petit peu trop.

Power

★★★
Dance expérimental

Lotic, Tri Angle records