Anton Bruckner, Orchestre du Gewandhaus de Leipzig et Andris Nelsons

« Andris Nelsons, c’est le futur Karajan », titrait en 2011, dans Le Figaro, mon collègue et ami Christian Merlin. La DG l’a traité ainsi, lui confiant en parallèle des intégrales Chostakovitch à Boston, Bruckner à Leipzig et Beethoven à Vienne. Tout cela — les prédictions comme la somme d’enregistrements — était allé un peu vite en besogne. Nelsons, expliquant au Devoir la légitimité de son intégrale Bruckner, avait déclaré : « Je suis plutôt timide, et Bruckner, par exemple, encourage les gens à devenir plus braves ! » Braves comment ? Comme un gars qui n’a rien à dire, n’y comprend que dalle et l’enregistre quand même ? Imaginez Wand, Jochum ou Böhm me faire cette réponse… Avec eux, au moins, les 4e et 7e ne s’enlisent pas et ne se disloquent pas ; elles sont architecturées, avec des transitions qui coulent et des forte qui ne gueulent pas. On dispose désormais de ces effondrants CD pour prouver qu’un chef d’orchestre peut faire déjouer un orchestre. Nelsons va-t-il réussir à rendre le Gewandhaus méconnaissable ?

Écoutez Symphony No.7 In E Major, WAB 107 - Ed. Haas - 1. Allegro moderato 

Anton Bruckner, Symphonies nos 4 et 7 (+ Wagner)

★★
Classique

Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons, Deutsche Grammophon 479 7577 et 479 8494

★★
Classique

Symphonies nos 4 et 7 (+ Wagner), Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons, Deutsche Grammophon 479 7577 et 479 8494