Endless Scroll, Bodega

Puisqu’on attend des artistes qu’ils et elles réfléchissent sur l’époque, difficile de rester placide devant ce vigoureux Endless Scroll (« défilement infini de l’écran »), premier album en règle du quintette Bodega. Le rock est toujours plus poignant lorsqu’il provoque l’introspection, pas vrai ? En ce sens, la description incisive et tranchante (autant dans le texte que dans la composition) d’un mode de vie prisonnier du cyberespace qu’offrent les Brooklynois tape en plein dans le mille. On pige du côté des Parquet Courts (How Did This Happen, Can’t Knock the Hustle), des Fall, de Pylon (Gyrate), de la krautrock, des Wire et, discrètement, des Smiths — pour le léger apitoiement — (Name Escape). Quelle fraîcheur de voir des punks sortis des écoles d’art qui ne se prennent pas au sérieux, mais qui mettent le doigt (en appuyant fort) sur les tics autodestructeurs de la génération Instagram ! « La meilleure critique est l’autocritique », clament d’ailleurs avec une douce insolence les membres de Bodega.

Endless Scroll

★★★★
Post punk

Bodega, What’s Your Rupture ? Records