Kazuashita, Gang Gang Dance

Après sept ans d’absence, le trio ésotérico-rave de New York revient avec une oeuvre plus adoucie et à la cadence moins « club » que les précédentes. Bercée par une thématique Nouvel Âge, cette nouvelle courtepointe de chansons — qui coulent comme une très longue pièce, en fait — est une prophétie utopique entre spiritisme et science-fiction. Comme lire un très captivant Ursula Le Guin, tiens. On se laisse gentiment bercer, l’esprit voyageant à des milliers de kilomètres, alors que des artistes aussi divers qu’Enigma, M.I.A., Arthur Russell, Cocteau Twins, Sigur Rós semblent simplement passer pour faire coucou et que des genres comme l’afrobeat, le trap, le dancehall et la musique traditionnelle turque sont effleurés. La ressemblance la plus frappante est celle entre le chant éthéré et cristallin de la leader, Lizzi Bougatsos, et les échos de Grimes (particulièrement sur Lotus et la pièce-titre). À la différence que Mme Boucher revendique fièrement son transhumanisme. Gang Gang, eux, se contentent de contempler, ahuris, la beauté des troupeaux de buffles (J-Tree).
 

 

Gang Gang Dance - Young Boy (Marika in Amerika)

Kazuashita

★★★ 1/2
Pop expérimentale

Gang Gang Dance, 4AD