The Long Sleep, Jenny Hval

Il faut voir The Long Sleep, la plus récente publication de la Norvégienne Jenny Hval, comme une très longue chanson, faite de quatre (le nombre de pièces) « chapitres », en fait des variations sur un même thème. Après avoir exploré une pop expérimentale structurée, poussée par l’urgence de dire, dans Blood Bitch (2016), Hval se laisse aller. Pénétrer dans l’univers de The Long Sleep, c’est un peu comme tomber dans le terrier d’un lapin porté sur les drogues douces. Jazz et ambiant constituent le cadre de ce qui aurait pu sonner un peu trop gimmick (une même structure répétée dans des interprétations différentes), mais qui est en vérité fort puissant. La pièce titre, exploration à connotation divinatoire d’une dizaine de minutes, est une déclaration d’amour à la musique drone. La finale du EP, I Want to Tell You Something, est un bulle d’intimité dans laquelle Hval interpelle (en spoken word) l’auditeur : « Communiquons-nous ? » La question reste en suspens, plus touchante que n’importe quelle critique rigide faite sur l’époque.


The Long Sleep EP

★★★ 1/2
Folk expérimental

Jenny Hval, Sacred Bones