Remain in Light, Angélique Kidjo

C’est le retour du pendule. Le classique album de Talking Heads, paru en 1980, puisait son impulsion dans les rythmes afro-beat nigérians, une influence avouée par David Byrne et son acolyte-réalisateur Brian Eno. Presque 40 ans plus tard, au tour d’Angélique Kidjo de ramener l’oeuvre sur les terres africaines. L’appropriation culturelle prenant le chemin inverse pour revenir à la source — on imagine l’espiègle Béninoise, sourire en coin. Avec nul autre que Tony Allen (batteur de Fela Kuti) pour battre la mesure et un orchestre d’allumés, parmi lesquels Ezra Koenig (Vampire Weekend), Kidjo dérobe les chansons originales de leurs oripeaux post-punk pour leur donner la force des musiques funk d’Afrique, avec moult effets de studio et ponctions de synthétiseurs modernes. Le résultat est à la fois totalement différent, ne serait-ce que par la voix de Kidjo et ses inflexions par moments quasi-jazzées, mais aussi très familier lorsqu’on l’entend mordre dans les immortelles Once in a Lifetime et Houses in Motion. Gonflé, admirable et pertinent.
 

Écoutez Once In A Lifetime

Remain in Light

★★★★
Afro-beat

Angélique Kidjo, Kravenworks / Universal