Lettera Amorosa. Airs et Lamenti de Monteverdi. Mariana Flores, Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón

Leonardo García Alarcón et son épouse, Mariana Flores, partagent la scène avec la soprano Julie Roset (sublime duo « Ohimè, Dov’è il moi ben » de voix si bien accordées) et les ténors Valerio Contaldo et Mathias Vidal, ainsi que la basse Philippe Favette (trio « Perché se m’odiavi ») pour créer une variété d’univers sonores dans un parcours Monteverdi aussi intimiste que tendu. Ce programme est un miroir monteverdien de l’albumCavalli, avec une dramaturgie et un rythme plus étudiés qui invitent à l’écoute intégrale en continu. Mariana Flores n’a pas la plus ample voix du monde et joue davantage, dans le Lamento d’Ariane, sur l’affliction que sur la révolte. Ce qui attire l’attention, c’est la permanente écoute mutuelle, la recherche de couleurs instrumentales et la finesse de ce mimétisme (cf. air de La Musica). Le Lamento della Ninfa, souvent « surinterprété », convient mieux à la voix de la soprano, qui vise une sorte d’épure. Mais le chef-d’oeuvre est la dernière plage, véritable extinction du souffle de la vie.
 

 

Mariana Flores chante le Lamento della Ninfa de Monteverdi

Lettera Amorosa

★★★★
Classique

De Monteverdi, Mariana Flores, Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón, Ricercar, RIC390