7, Beach House

Un septième album en douze ans pour le duo américain Beach House, qui donne une paradoxale impression de renouveau. C’est que le groupe ne se réinvente pas vraiment, proposant encore et toujours ses jolies et taciturnes chansons dream pop confites dans la mélancolie, toujours portées par la voix soyeuse de Virginie Legrand. Non, c’est plutôt dans la facture que le groupe cherche à se transformer : l’embauche du coréalisateur Peter Kember (ex-Spacemen 3) donne du muscle aux orchestrations rêvasseuses avec lesquelles le duo nous avait charmé dès son premier album. La manoeuvre saute aux oreilles dès les premiers roulements de tambour de Dark Spring en ouverture ; au milieu de la saisissante Dive, un sourd groove rock émerge sous le couplet, provoquant l’extatique crescendo de cette mélodie qui goûte bon le rock de Manchester des années 1980. Tout, des guitares aux claviers bien gras (la ligne de basse de la ballade Pay No Mind !), rehausse le sentiment « d’aliénation sociétale » dépeint sur ce disque qui s’écoute en boucle.

Écoutez Dark Spring

7

★★★★
Pop

Beach House, Sub Pop