Hippo Lite, Drinks

Disons qu’on lit un livre et que son écriture est complètement décousue, et qu’on pense : « Ma foi, je ne comprends rien, mais je sais que ça mène quelque part »… Le second album du « super » duo Drinks (l’auteure-compositrice-interprète d’origine galloise Cate Le Bon et Tim Presley, à l’origine de l’entité garage White Fence) est l’incarnation auditive de cette impression de dédales littéraires. Le groupe appréhende le psychédélique dans sa compréhension la plus « organique » : il faut être ouvert à la guitare classique façon Renaissance ou aux cris d’animaux (In the Night Kitchen). Sur Hippo Lite, les deux curieux — dans tous les sens du terme — cerveaux sont en parfaite harmonie dans ce qu’on pourrait qualifier de collage dadaïste à la structure punk (Ducks est particulièrement expressionniste). Deerhunter, les Raincoats, les Marine Girls, Nico ne sont que quelques-unes des références audibles ici. Deux marginaux se sont trouvés. Sans faire de jeux de mots douteux, Drinks a un goût rafraîchissant après la première adaptation.
 

Hippo Lite

★★★ 1/2
Post-punk

Drinks, Drag City