FIMAV: à Victoriaville, entre William Parker et Walter Boudreau

Le saxophoniste et compositeur de musique contemporaine Walter Boudreau se produira au FIMAV en mai.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le saxophoniste et compositeur de musique contemporaine Walter Boudreau se produira au FIMAV en mai.

Mine de rien, comme ça, sans crier gare, voilà que le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) en est à sa 34e édition. D’en être arrivé là est en soi une définition de l’opiniâtreté, quand on connaît le coefficient de difficulté posé aux programmateurs, lequel est autrement plus élevé que celui auquel sont soumis les autres festivals. Bref, le FIMAV est à inscrire au tableau d’honneur de l’activisme culturel. C’est dit.

Les organisateurs, Michel Levasseur en tête puisqu’il en est le fondateur et grand chaman, ont dévoilé une programmation qui, comme ce fut le cas l’an dernier et les années antérieures, a ceci d’éblouissant qu’elle elle est universelle, mondiale. Oui, éblouissant, car elle est un antidote au nationalisme culturel et aux perversités qui lui sont inhérentes.

Lorsqu’on s’attarde aux origines des artistes qui seront de la partie du 17 au 20 mai, on retient qu’ils viendront de la Norvège, de la Libye, du Japon, de la Thaïlande, des Philippines, de la Suède, de la France, de la Chine, de Taïwan, de la Russie, des États-Unis, de la Hongrie, de la Suisse… et du Québec, puisque le saxophoniste et compositeur de musique contemporaine Walter Boudreau s’y produira.

Pour notre part, on a retenu le nom d’un grand monsieur : William Parker, contrebassiste, compositeur, animateur et écrivain.

En fait, pour être honnête comme franc du collier, on a retenu Parker parce que, comme c’est un musicien de jazz, souvent free-jazz pour être précis, on connaît quelque peu sa musique ainsi que son parcours. Alors que la musique actuelle, on l’avoue, on la connaît fort peu.

Bien. William Parker est l’archétype du grand jazzman inclinant à l’improvisation, dont il a appris les rites auprès de Cecil Taylor, Millford Graves, Kidd Jordan, Hamiett Bluiett le divin, Oliver Lake le poète, au cours d’un long périple.

Parker est un grand compositeur car il s’est appliqué à conjuguer les musiques noires d’Afrique et d’ailleurs avec le jazz défini comme sculpté par Duke Ellington et Charles Mingus.

Parker est aussi un grand animateur car, sur le flanc de l’architecture musicale, il a mis sur pied un trio, un quartet et un big band. Il est enfin un écrivain qui s’est attardé au dialogue entre les musiques indigènes et le jazz, à la mise en lumière du travail effectué avec des femmes artistes du « monde mondial », etc.

Bref, Parker est aussi un militant des droits. Voilà. L’horaire sera dévoilé le 16 mars. On y reviendra.

Les bijoux d’Andrea Lindsay

L’affiche que propose le théâtre Outremont le 1er mars prochain est aussi séduisante que sympathique, chaleureuse, voire joyeuse. Car ce soir-là, la chanteuse Andrea Lindsay va décliner les petits bijoux du jazz chantés en français et qui forment le programme de son dernier disque, soit le bien nommé Entre le jazz et la java.

Avec la voix suave qui la distingue, Lindsay va déclarer son affection musicale pour Le jazz et la java, Le poinçonneur des lilas, La java des bombes atomiques, Café blues, Les cinémas bars, Plus je t’embrasse, Les choses inutiles, L’étang, Tout doucement

Autrement dit, elle va reprendre à son compte les chansons rythmées en leur temps par Serge Gainsbourg, Diane Tell, Claude Nougaro, Boris Vian alias Le Bison Ravi, Sylvain Lelièvre, sans oublier les clins d’oeil à Charles Trenet.

Gage de qualité, cette chanteuse singulière sera accompagnée de Mike Rudd à la guitare, de Frédéric Grenier à la contrebasse et de Greg Ritchie à la batterie.

On tient à signaler que ces messieurs vont donc reprendre là où les grands musiciens qui avaient accompagné les artistes nommés ont laissé. Soit les pianistes René Urtreger et Maurice Vander, le batteur Aldo Romano, le contrebassiste Pierre Michelot… Le spectacle débute à 20 h.