Tadoussac renouvelle son festival et le déplace… en été

La formule du spectacle de l’Anse à la Barque, sur le fjord du Saguenay, offre une expérience musicale unique aux festivaliers, qui s’y rendent en kayak.
Photo: Marc Loiselle Festival de la chanson de Tadoussac La formule du spectacle de l’Anse à la Barque, sur le fjord du Saguenay, offre une expérience musicale unique aux festivaliers, qui s’y rendent en kayak.

Nouvelles dates pour une plongée au coeur de l’été et programmation revisitée par son nouveau directeur artistique : le Festival de la chanson de Tadoussac a opté cette année pour une formule dépoussiérée, histoire d’assurer la suite de l’aventure musicale de la Côte-Nord.

Traditionnellement, le rendez-vous annuel à l’embouchure du fjord du Saguenay montait ses chapiteaux et ses scènes pour une levée de rideau au début du mois de juin. On y avait alors droit à un avant-goût de l’été musical, mais avant la saison estivale elle-même. Bref, un flirt assuré avec le point de congélation, en soirée.

Une situation que le directeur artistique du festival, Marc-André Sarault, a voulu changer cette année en déplaçant cette 34e édition du festival à cheval sur la fin du mois de juin et le début de juillet. Bref, en été, du 29 juin au 2 juillet. Un changement de calendrier qui peut sembler anodin, mais pour un petit festival qui lutte constamment pour sa survie, la formule pourrait s’avérer des plus salutaires.

Guide de survie

« Il existe de plus en plus d’événements musicaux, et on se bat tous pour le même public, en fin de compte. Il est donc important de bien se positionner pour survivre, explique Marc-André Sarault, qui en est à sa deuxième édition à la tête de la programmation. Et il faut comprendre que c’est plus difficile de convaincre les gens de venir à Tadoussac la première semaine du mois de juin, parce que la température avoisine souvent cinq à sept degrés. Donc, je crois que c’est une bonne idée de déplacer le festival à la fin du mois de juin. »

Le rendez-vous musical cherche aussi à capitaliser sur la « longue fin de semaine » du 1er juillet pour attirer davantage de familles, mais aussi une relève de jeunes festivaliers. Sans oublier le partenariat développé pour arrimer les dates de « Tadou » avec celles du Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie.

L’entente entre les deux événements signifie notamment qu’ils se partageront les artistes des « Chemins d’écriture », une formule où des artistes de la relève testent littéralement leur matériel peaufiné au cours des jours précédents. Au fil des ans, on se souvient d’avoir vu et entendu, pour la première fois, les Lisa LeBlanc et Karim Ouellet. Marc-André Sarault le voit comme une façon de « semer de la création ». « On espère que ce sont des artistes qui vont éclore, qui vont faire carrière et avec lesquels nous allons développer une relation privilégiée. »

Les immortelles

Dans l’ensemble, la programmation 2017 s’appuie encore sur une déclinaison de têtes connues, du jeudi au dimanche soir. Car oui, cette année, on repousse la clôture, pour une soirée dominicale dans l’église de Tadoussac avec Louis-Jean Cormier, suivi de Daniel Bélanger. Les soirs d’avant ne seront pas en reste, entre Matt Holubowski, Patrice Michaud et Vincent Vallières sur cette même scène.

« Je trouve que c’est un excellent concentré de hits dans un seul festival, résume le directeur artistique. On devrait entendre cette année plusieurs de nos immortelles à nous, au Québec. On a souvent dit que Tadoussac est “le plus grand des petits festivals”. Je trouve que la programmation de cette année ressemble à ça. » En effet, surtout lorsqu’on ajoute Luc De Larochellière, Karim Ouellet et Damien Robitaille.

On oublie quoi ? Des artistes aux noms connus/méconnus avec Urbain Desbois, Joseph Edgar (en extérieur, sur le bord du fjord), les Deuxluxes et le « happening » de l’Osstidtour (Koriass, Brown et Alaclair Ensemble). Enfin, un détour par l’Anse à la Barque, petite baie où les spectateurs se rendent en kayak. L’an dernier, il y avait Dany Placard sur les rochers avec, en toile de fond, un petit rorqual en alimentation. Bref, le goût concret du mémorable.