Il y a encore un concours

Les finalistes du concours du Festival international de la chanson de Granby, Lydia Képinski, Étienne Fletcher, Catherine Dagenais et Samuele
Photo: Bertrand Duhamel Les finalistes du concours du Festival international de la chanson de Granby, Lydia Képinski, Étienne Fletcher, Catherine Dagenais et Samuele

Il y a encore un concours au Festival international de la chanson de Granby. La preuve : il y a des finalistes. On sait maintenant que Lydia Képinski, Étienne Fletcher, Catherine Dagenais et Samuele se sont distingués lors des demi-finales, de sorte que vendredi prochain tard en soirée au chic Palace de Granby, on connaîtra le 48e lauréat. Qui repartira bien lesté de prix, dont 35 000 $ en bourses : ce n’est pas rien.

Notez néanmoins : la finale du concours a lieu vendredi, pas samedi. Le festival se poursuit samedi, mais le grand événement de la fin est un spectacle. Pas un show ordinaire, « La Messe à Dédé Fortin » : ils ne seront pas loin d’une vingtaine sur la grande scène du parc Daniel-Johnson, dont Koriass, Loco Locass, Antoine Gratton, Salomé Leclerc, Isabelle Boulay, à célébrer le gars (toujours aussi regretté) et les chansons qu’il créa (seul ou en collaboration) pour les Colocs. L’ancien Coloc Jimmy Bourgoing assure la direction musicale, avec Yanni Aumont. La direction artistique est signée Pierre Fortier, directeur du festival.

Question de perception

Il y a d’autres spectacles au programme ce samedi-là comme les autres jours, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ça parle. Ça dit que ce festival est désormais un festival d’abord, et que s’il y a encore en son coeur le concours qui couronna les Pierre Lapointe, Alexandre Désilets, Lisa LeBlanc, Luc de Larochellière et autres Isabelle Boulay (la porte-parole de cette 48e édition), c’en est moins qu’avant le point culminant.

Question de perception ? Fortier voit ça autrement. « On a mis la finale le vendredi pour finir le festival dans un contexte très, très grand public. Ça nous permet, dès le lendemain de la finale, de faire jouer le lauréat, la lauréate, devant des milliers de personnes. Le concours n’est pas moins important, il rayonne plus que jamais. On a travaillé d’arrache-pied pour développer la tournée Granby-Europe [une quinzaine de spectacles en France et en Belgique en plateau double, pour le gagnant du concours et l’élu des vitrines pour pros]. » Fortier insiste, il s’agit de donner à ceux qui ont fait le concours des occasions de se faire voir et entendre. Ainsi, jeudi 25 août, veille de la finale, un autre grand spectacle extérieur au titre plus qu’explicite, « 30 succès – 16 voix », mêlera les consacrés (Michel Rivard, les Soeurs Boulay…) à « des moins connus » qui ont le festival en bagage : Joey Robin Haché, Caroline Savoie, notamment.

La nécessaire expansion

N’empêche. Depuis que le FICG a été devancé de septembre à août et que la programmation extérieure a gagné en importance, on a l’impression que le doyen des concours se trouve un peu coincé aux entournures. Dans le cahier des charges, mais un brin tassé. Faut-il y voir l’effet conjugué de La Voix et des Francouvertes ? Fortier s’en défend. « Chaque concours a sa spécificité, même si on voit parfois les artistes s’essayer dans l’un, puis dans un autre… J’ai eu de mon conseil d’administration la mission de faire grandir le festival. Je suis certain que, si le Festival de la chanson de Granby n’était demeuré que concours, on aurait des problèmes de financement. C’est de plus en plus difficile, pour les festivals et pour la chanson francophone : je passe 80 % de mon temps à aller chercher de l’argent. Ce qui nous permet de présenter un festival francophone à 100 %, ce qui est de plus en plus rare dans le monde. »

Dans un tel contexte, le directeur général et artistique affirme, non sans fierté : son festival garde le cap. En tête de proue ? « Le concours demeure au centre de notre mission, qui est de découvrir, développer, promouvoir, faire connaître les artistes de la chanson francophone d’ici. Et toute la programmation du festival est bâtie pour les soutenir. » On ira fureter du côté du site ficg.qc.ca pour s’en convaincre.