The Hateful Eight, Ennio Morricone

Une musique originale pour un film de Tarantino ? Une première. Qu’elle porte en plus la signature d’Ennio Morricone, qui retourne ainsi au western après un grand écart de 40 ans, suffit pour marquer les esprits. Avec sa menace rampante, sa douceur inquiétante et même, sur La lettera di Lincoln, son patriotisme sciemment pompeux, The Hateful Eight cristallise l’atmosphère en dents de scie de cet « enfer blanc ». Quand ce n’est pas une basse lancinante, une batterie fine à la cadence de diligence domine la trame. Sur L’ultima diligenza di Red Rock, au finale en crescendo épique, sur la délicate La musica prima del massacro ou la glaçante I quattro passeggeri, un thème revient en variations soit forte, soit dolce. Bien que l’album reprenne des dialogues, des pièces rock (dont The White Stripes) et même l’improbable pièce acoustique de Jennifer Jason Leigh elle-même (Jim Jones at Botany Bay), c’est avant tout le travail du maître italien qui fait sourdre les émois. Delizioso.

The Hateful Eight

Bande originale de film

Ennio Morricone, Decca