Steve Jobs, Daniel Pemberton

Si Steve Jobs était un homme à cinq faces des plus intransigeants, la musique du compositeur britannique Daniel Pemberton pour l’incarner l’est tout autant. Découpée en actes à l’image du film, cette étude sonore du créateur d’Apple fait dans l’éparpillement métaphysique contrôlé, alternant entre technologie et symphonie pour marquer trois grands lancements de sa carrière. C’est une schizophrénie en éclairs : des variations de codes binaires, reproduits par de vieux synthétiseurs, précèdent des opéras ironiquement gais, des airs classiques pompeux et des pièces sèches, voire spectrales, entièrement composées à l’ordinateur. D’une partie de ping-pong minutée, on passe au lyrisme souple d’une danse contemporaine qui, elle, montera dans la grisaille de l’atmosphère. Déconcertant et prodigieux à la fois. Si Pemberton s’épanche parfois outre mesure dans l’analyse, il rend néanmoins avec rigueur le trouble et les doubles tranchants de Jobs, toute sa vie pressurisé.

Steve Jobs

Bande originale de film

Daniel Pemberton, Back Lot