Le sourire d’Avital

Omer Avital
Photo: Facebook Omer Avital

Il était tout au fond de la petite scène du Upstairs, derrière son pianiste, ses deux saxophonistes et son batteur. Et pourtant on ne voyait que lui : ou plutôt, on ne voyait que l’immense sourire qui illuminait le visage d’Omer Avital vendredi.

Comme s’il riait dans sa barbe et sous son afro, Avital. Heureux d’être là, visiblement, et content de nous avoir eus en moins de deux : le public dans sa main, et une ambiance haut voltage pour lancer le 36e Festival international de jazz de Montréal (FIJM). Intense ? Que oui. Jolie manière d’installer les choses pour la grande dizaine du jazz.

Le contrebassiste israélien n’aurait pu trouver meilleure scène que celle du Upstairs pour son premier passage au FIJM. Grand habitué du quasi mythique Smalls de New York, Avital était totalement dans son élément au club de la rue Mackay. Murs de pierres, demi-sous-sol, scène minuscule, public compact et amateur : dans la démesure du FIJM, une juste mesure des choses. Et une sacrée dose de plaisir.

Avec Greg Tardy (sax ténor et clarinette), Joel Frahm (sax soprano et ténor), Yonathan Avishai (piano) et Johnathan Blake (batterie), Avital a offert un premier set [à 19 h, le second devait suivre vers 22 h] appuyé sur de solides grooves, uptempo de bout en bout. Ce fut du Avital comme on l’aime : un pied en Orient (avec des sections qui touchaient au klezmer), l’autre dans le jazz moderne occidental, avec effluves soul et blues. Toujours vif, des impros relevées.

D’énergie

Mais au-delà du détail musical, la puissance du quintette tient aussi beaucoup de l’énergie qui l’entoure et qu’il dégage. Un truc électrique. Le plaisir de jouer des cinq membres a quelque chose d’irradiant — et on le note parce que ce n’est pas si fréquent. Frahm prend un solo ? Il y a Tardy qui l’observe attentivement en cherchant de quelle manière il relancera, et qui relance encore plus fort. Un soliste touche quelques notes particulièrement à-propos ? On entend des cris et des rires sur la scène, le petit signe de tête de musiciens qui s’étonnent entre eux. Et toujours ce grand sourire d’un contrebassiste qui danse avec son instrument en arrière-plan.

Omer Avital Quintet

Au Upstairs, le 26 juin

1 commentaire
  • Manon Doré - Abonnée 27 juin 2015 14 h 28

    Quel bel article!

    La soirée était mémorable.On en redemanderait. C'était festif!